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 23-10-2013 

Art-thérapie : dessine-moi une guérison !

   Musique, peinture, danse, improvisation théâtrale... pratiquées dans une intention thérapeutique donnent des résultats étonnants, notamment en cancérologie et en psychiatrie.

   L'Art-thérapie est une méthode qui consiste à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d'une stimulation des capacités créatrices

   La création artistique (peinture, théâtre, danse, collage, modelage, photographie, marionnettes) permet d'accéder à des sentiments enfouis et à des émotions refoulés en utilisant une stratégie de détour qui permet de contourner les résistances au changement.








             




                        Musicothérapie

   Cécilia Jourt Pineau, musicothérapeute à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris et initiatrice d’une technique de « musicologie métaphorique », une méthode d’art-thérapie qui combine la musique à d’autres formes d’expression, en est convaincue : il faut tester pour comprendre.

   La séquence, d’une durée de 20 minutes, est enregistrée : une musique d’abord très stimulante, puis de plus en plus relaxante et, en fin de séance, un peu plus dynamique.

   Ces séquences ont montré leur capacité à apaiser les douleurs, à réduire l’anxiété et la dépression. Mais également à stimuler la mémoire de patients atteints de la maladie d’Alzheimer...

   Dans un travail de recherche, réalisé dans le service d’oncologie à hôpital du Val-de-Gràce, la musicothérapie s’est révélée capable de réduire de 60% la douleur et de 72% l’anxiété chez des patients cancéreux.

   Pendant que l’on écoute, on feuillette machinalement un magazine, on sélectionne et on découpe des illustrations, puis on les colle librement sur une feuille A3. 

   La musique entraine une relaxation profonde qui, associée à l’action de feuilleter un magazine, induit comme un état hypnotique. L’inconscient peut s’exprimer. La démonstration est franchement impressionnante: le collage révèle une pléthore d’informations qu’on n’aurait pas soupçonnées...

   "La méthode est particulièrement adaptée aux patients qui ont du mal à verbaliser leurs émotions", souligne Cécilia Jourt Pineau. 










   La musicothérapie métaphorique a été présentée récemment au Symposium international sur les soins de support en cancérologie, à Berlin. Les travaux préliminaires sont encourageants et suggèrent que cette approche est extrêmement puissante pour exprimer les envies, les peurs, les rêves, les projets et tout le non-dit d’un patient.

 

             Une discipline... pas si nouvelle

   L’art-thérapie s’est développée depuis longtemps au Canada, où la majorité des centres hospitaliers propose des séances. 

   C’est d’ailleurs lors d’un stage à Montréal que Cécilia a découvert, au début des années 90, l’utilisation de la musicothérapie dans les unités de soins palliatifs. 

   En Grande-Bretagne, la profession est reconnue depuis 1997. 

   En Allemagne, certaines assurances santé et mutuelles prennent en charge les séances.

   Dans les pays du nord de l’Europe, l’utilisation de l’art-thérapie comme soin de support dans de nombreuses maladies est largement acceptée.

   En France, en dehors de quelques services hospitaliers (en oncologie et en psychiatrie) qui recourent à des art-thérapeutes et d’associations comme « Médecins de l’imaginaire » qui, grâce à ses donateurs, peuvent offrir un suivi gratuit à des patients atteints de cancer, l’art-thérapie est encore peu pratiqué.


      L’art-thérapie s’adresse aux personnes confrontées

                      à une difficulté ou à une maladie

   L’art-thérapie demeure une profession en mal de reconnaissance. 

   Si l’enseignement se structure peu à peu, autour, entre autres, de la faculté de médecine de Paris V-Descartes et de la création d’un master d’art- thérapie à la Sorbonne, le titre d’art-thérapeute n’est pas protégé. N’importe quel artiste, ou proclamé tel, peut ouvrir un cabinet. Mieux vaux donc s’informer des diplômes du praticien avant d’entamer des séances.

   L'Art-thérapie est une méthode qui consiste à créer les conditions favorables au dépassement des difficultés personnelles par le biais d'une stimulation des capacités créatrices. 

   La Fédération française des art-thérapeutes dispose d’un annuaire de professionnels dûment formés.

 

                     Déroulement d’une séance

 

   Lors de la première séance d’art-thérapie, un entretien avec le thérapeute permet au patient d’évoquer son mal-être et ses attentes. 

   Le déroulement des séances suivantes varie, lui, en fonction de l’art choisi, mais poursuit quand même toujours le même objectif: développer un langage symbolique donnant accès à ses sentiments enfouis pour pouvoir ensuite les intégrer

   Prenons l’exemple de la peinture : « Le premier rôle de l’art-thérapeute est de favoriser la créativité chez le patient qui, face à la feuille blanche, commence souvent par dire qu’il ne sait pas dessiner », explique Ariane Walker, art-thérapeute et artiste peintre. « J’explique donc qu’il s’agit, avec les pinceaux et les tubes de couleur, de se laisser aller, de laisser faire sa main sans mobiliser son cerveau. »














   Pour contourner les résistances, certains thérapeutes proposent un thème : par exemple, les "quatre éléments", le "labyrinthe", la "signature", "l’arc-en-ciel"… Et plus rares sont ceux qui donnent un modèle à imiter. 

   La fonction de l’art-thérapeute est donc de pousser, avec beaucoup de prudence, le patient vers toujours plus de profondeur. Car c’est lorsque la personne lâche enfin prise et quitte la superficialité que la thérapie avance.  

   D’un seul coup, le sens de leur production s’impose. C’est comme si une évidence longtemps secrète leur sautait aux yeux. Cela peut être un souvenir oublié, une émotion longtemps refoulée, une association particulière d’idées… 

   L’art-thérapeute a, dès lors, une fonction d’écoute pour soutenir la prise de conscience au même titre qu’un thérapeute classique. 

   Cependant, certaines personnes poursuivent leur thérapie sans qu’aucune surprise n’intervienne, et cela ne signifie nullement que la thérapie n’évolue pas. 

   Dans tous les cas, les fins de séances donnent lieu à un échange verbal entre le praticien et son patient. Après avoir achevé sa production, ce dernier est ainsi invité à parler de ce qu’il a ressenti durant la création, de ce que celle-ci lui suggère. 

   Pour ce, l’art-thérapeute peut soutenir la réflexion en posant des questions toujours extrêmement larges pour ne pas orienter les propos du patient. Chacun doit pouvoir, en effet, poursuivre son cheminement à son rythme, sans être brusqué par des révélations qu’il n’est pas prêt à entendre.


              En groupe, en binôme ou en individuel

   Beaucoup d’ateliers sont réalisés en binôme. 

   Par exemple, une art-thérapeute spécialisée dans les techniques corporelles (danse, théâtre...) et une art-thérapeute plasticienne.

   L’objectif est de parvenir à stimuler la créativité des patients dans toutes ses dimensions.

   Dans l’art-thérapie, ce n’est pas l’art qui est important, c’est la création.

   Car c’est là une erreur souvent commise : l’art- thérapie n’est pas un atelier d’art.

   L’art est un outil de médiation pour permettre à l’imaginaire de s’exprimer.

   L’art-thérapie est également différente de l’ergothérapie, ou thérapie « occupationnelle » (on propose à un patient des activités, pour occuper et stimuler son esprit, pour améliorer sa coordination motrice...).

   On travaille habituellement avec des petits groupes de 8-10 personnes. 

   On peut aussi organiser des séances individuelles ou au chevet du malade.

   En ville, la plupart des art-thérapeutes proposent des séances individuelles. La séance (non remboursée), d’une durée de 1 h à 1h30 en général, tourne autour de 50 à 60 Euro.

   On commence par une activité qui rassure le patient sur ses facultés, car beaucoup redoutent de n’avoir aucun talent et d’être incapables de faire quoi que ce soit de leurs mains...

   Une fois les premiers blocages levés, la séance peut débuter.

 

                             Pour tous les âges

   Comme toute psychothérapie, l’art-thérapie s’adresse d’abord aux personnes confrontées à une difficulté chronique ou passagère, à un choix de vie ou à une maladie.

   Sans surprise, les hommes sont peu nombreux à pousser la porte d’un atelier.

   Les enfants, en revanche, sont très réceptifs.

   L’art-thérapie fonctionne aussi très bien pour les troubles du comportement alimentaire auprès des enfants et des adolescents touchés par des troubles envahissants du comportement (autisme, trouble du déficit de l’attention avec hyper- activité...).

   Pour des jeunes déscolarisés, à la limite de la délinquance, incapables de tenir en place plus de 2 minutes, l’art- thérapie les aide à se concentrer; en outre, en créant et en étant créatifs, ces jeunes retrouvent une forme d’estime de soi.

   Des expériences intéressantes ont également été menées auprès des personnes âgées. Plus récemment, ce sont les « aidants Alzheimer » qui se sont vu proposer des séances.













   Enfin, l’art- thérapie est d’un grand secours dans dessituations très lourdes comme l’inceste, le stress post-traumatique ou encore la lutte contre les addictions.

   Autant dire que l’on peut tous avoir un jour ou l’autre besoin d’elle.