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 2-03-2014 

Un caroténoïde remarquable : ASTAXANTHINE

    Au-delà du très fameux bêta-carotène, il existe de nombreux autres caroténoïdes dont les propriétés sont parfois surprenantes.

   Les caroténoïdes sont une famille de plus de 700 pigments naturels liposolubles qui sont produits exclusivement par le phytoplancton, les algues, les plantes, et par un nombre limité de champignons et de bactéries.

   Ils sont à l’origine d’une grande diversité de couleurs dans la nature, les plus remarquables étant les jaunes et les rouges éclatants des fruits, des légumes et des feuilles.









   Dans les plantes et dans les algues, ils sont un participant essentiel au processus de photosynthèse, avec la chlorophylle et d’autres pigments qui absorbent la lumière.

   Bien que certains animaux soient capables de modifier les caroténoïdes, ils doivent quand même les trouver dans leurs aliments. Par exemple, le flamant rose filtre les algues présentes dans les étendues d’eau où il se trouve, et convertit le bêta-carotène et la zéaxanthine, de couleur jaune, en canthaxanthine et astaxanthine, de couleur rose.

   Or, cette astaxanthine se distingue par sa capacité à interagir avec une espèce d’oxygène chimiquement réactive connue sous le nom d’oxygène singulet et avec les radicaux libres en les désactivant..

   Fait intéressant, certains animaux se sont adaptés pour exploiter les puissantes propriétés anti-oxydantes des caroténoïdes. Les poissons d’eau froide, notamment, accumulent l’astaxanthine pour protéger leurs tissus adipeux contre la peroxydation, une forme nocive d’oxydation. 

   Ce sont ces dépôts qui donnent sa couleur rosée éclatante à la chair des saumons et des crustacés (crabes, crevettes, homard, langoustes). 










   Chez les crustacés, cette coloration rose n’apparaît pas quand l’animal est vivant car l’astaxanthine est entourée d’une protéine lui donnant une coloration grisâtre. En ébouillantant les crustacés, les chaînes de protéines se déroulent, libérant la molécule d’astaxanthine: les crustacés deviennent alors roses. Notons que les saumons d’élevage peuvent être différenciés des saumons sauvages par examen de leur structure en astaxanthine.

 

                                   UN PRODUIT NATUREL, EXTRAIT D’UNE ALGUE

     La découverte de l’astaxanthine, à partir d’un extrait du homard, remonte à 1938.

    Il en existe de nombreuses sources naturelles à des concentrations très faibles (entre 5 et 40 mg/kg) dans les saumons et les truites, les crevettes, les homards et les écrevisses.

   Mais c’est dans l’algue verte Haematococcus pluvialis que l’astaxanthine est la plus concentrée, puisqu’elle y est contenue jusqu’à 40 000 mg/kg, avec en plus d’autres caroténoïdes importants comme le bêta-carotène, la lutéine et la canthaxanthine.

  Les vertus antioxydantes de l’astaxanthine surpassent néanmoins celles du bêta-carotène, de la zéaxanthine, de la canthaxanthine, de la vitamine C et de la vitamine E.

   Des études indiquent aussi que l’astaxanthine peut protéger la peau contre les effets nocifs des rayons ultraviolets, atténuer la dégénérescence maculaire liée au vieillissement, protéger contre certains cancers induits par des produits chimiques, augmenter les niveaux de lipoprotéines de haute densité, et stimuler le système immunitaire.

    D’autres expérimentations prouvent, pour leur part, que l’algue peut être consommée sans danger.

   Enfin, des études de biodisponibilité ont été effectuées sur l’homme, et démontrent qu’après une seule administration de 100 mg d’astaxanthine par voie orale, un pic dont le niveau moyen est d’environ 1,2 milligramme apparaît dans le plasma sanguin après six heures, avant de diminuer lentement.

 

                                                   UN SUPER ANTIOXYDANT

   On sait aujourd’hui que le potentiel antioxydant des caroténoïdes est capable de diminuer significativement le nombre de radicaux libres et la charge oxydative, pour aider l’organisme à rester en bonne santé.

    L’astaxanthine, quant à elle, protège les cellules contre l’oxydation en désactivant l’oxygène singulet et en dissipant l’énergie sous forme de chaleur, mais aussi en captant les radicaux libres pour prévenir et stopper les réactions en chaîne. En raison de sa structure moléculaire bien particulière, l’astaxanthine est donc un antioxydant extrêmement puissant.

   Bien que les chercheurs aient utilisé différents systèmes de test, l’activité antioxydante de l’astaxanthine s’est toujours avérée supérieure à celle d’autres caroténoïdes comme la zéaxanthine, la lutéine, le bêta-carotène et la canthaxanthine.

 

 

                             UN PROTECTEUR CONTRE LA LUMIÈRE ULTRAVIOLETTE

   Dans l’algue Haematococcus, l’astaxanthine joue un rôle de protection contre la lumière ultraviolette. Il s’agit d’une réponse adaptative contre le stress oxydatif.

   Quand la peau est exposée à la lumière ultraviolette, elle est endommagée par la photo-oxydation résultant de la formation d’espèces d’oxygène réactif.

    Ce stress photo-oxydatif entraîne une détérioration des lipides cellulaires, des protéines et de l’ADN, et on estime qu’il contribue à l’érythème, au vieillissement prématuré de la peau, aux photo-dermatoses et aux cancers de la peau.

  Le bêtacarotène offre une certaine protection contre les coups de soleil, à condition toutefois d’être pris au moins douze semaines avant l’exposition. Mais il apparaît aussi que la supplémentation simultanée en vitamine E et en caroténoïdes offre une protection additionnelle contre l’érythème.

  Toutefois, après irradiation de souris aux UVA, l’astaxanthine s’est avérée prévenir avec une efficacité remarquable l’augmentation des dommages.

 

                                                         UN ANTI-CHOLESTÉROL

   Rappelons que les lipoprotéines de haute densité (HDL) sont un complexe de lipides et de protéines qui transporte le cholestérol dans le sang ; et que des niveaux élevés de HDL, le «bon cholestérol», et de faibles niveaux de LDL, le «mauvais cholestérol», sont associés à une diminution du risque d’athérosclérose et de cardiopathie coronarienne.

   Or, dans une étude sur des rats ayant consommé une ration contenant 0,1% d’astaxanthine pendant trente jours, il a été démontré que des concentrations plus élevées de bon cholestérol HD ont été retrouvées chez les rats testés, par comparaison avec les rats ayant consommé la ration témoin.

   Inversement, le «mauvais cholestérol» LDL a diminué avec la ration supplémentée en astaxanthine.

   Ni le bêta-carotène ni la canthaxanthine n’ont produit le même effet.

  D’autres études sont en cours, mais on peut supposer que l’astaxanthine est capable de diminuer l’oxydation de ces transporteurs de lipides et donc de réduire le risque d’athérosclérose.

 

                                                        UN PROTECTEUR DE L’OEIL

   Chez l’homme et chez certains animaux, les caroténoïdes sont essentiels à la bonne santé de l’œil. 

  De nombreuses études ont démontré que les caroténoïdes alimentaires aidaient à protéger la rétine et la macula contre les lésions oxydatives.

   La macula est une petite zone située au centre de la rétine, qui couvre une surface d’environ 2 millimètres de diamètre. Elle se compose essentiellement de cônes, responsables de la différenciation entre les couleurs, et c’est cette zone qui produit l’acuité visuelle requise pour lire et pour voir clairement les petits détails. 

   Les cellules photo-réceptrices contiennent une plus haute concentration d’acides gras polyinsaturés que tout autre tissu du corps humain et un niveau d’oxygène particulièrement élevé qui les rend très sensibles à la peroxydation lipidique.

  Les caroténoïdes présents dans la macula agissent comme des antioxydants, en désactivant ainsi les espèces d’oxygène nocives. Des études cliniques indiquent que les lésions causées par la lumière sont une des principales causes d’une maladie, dénommée «dégénérescence maculaire », liée au vieillissement qui entraîne une perte graduelle des cellules photo-réceptrices, garantes d’une bonne vue.

  Aussi, rien d’étonnant à ce que la consommation de niveaux plus élevés de caroténoïdes dans l’alimentation soit liée à une diminution de 43% du risque de dégénérescence maculaire.

   Cela étant, contrairement au bêta-carotène, l’astaxanthine est capable de traverser facilement la barrière cérébrale et de protéger la rétine contre la photo-oxydation et contre la perte des cellules photo-réceptrices. En outre, l’astaxanthine peut protéger les neurones de la rétine, ainsi que ceux du cerveau et de la moelle épinière, contre les lésions causées par les radicaux libres.

 

                                                              UN ANTI-TUMEUR

   Des études épidémiologiques montrent une corrélation entre l’absorption de caroténoïdes et une réduction de l’incidence de certains cancers, et une augmentation de la résistance aux infections virales, bactériennes, fongiques et parasitaires.

  Le mécanisme de cette aptitude protectrice résulte en partie de la stimulation directe de la réponse immunitaire par les caroténoïdes. 

  Les effets anti-carcinogènes des caroténoïdes sont probablement attribuables à leur effet antioxydant, en ce sens que les radicaux oxygène sont liés au processus d’initiation et de propagation des cancers. 

  Un résumé de ces études démontre que la supplémentation en caroténoïdes augmente le nombre de lymphocytes circulants, stimule la prolifération des lymphocytes T et B, améliore le rejet des tissus étrangers et augmente la destruction des cellules tumorales par les lymphocytes K.

   Le développement des tumeurs cancéreuses est manifestement ralenti par les caroténoïdes.

   Ces études présentent des preuves solides indiquant que les caroténoïdes administrés par voie orale sont capables d’influencer directement les réponses immunitaires aux tumeurs cancéreuses, en produisant un allègement de la charge tumorale.

  Quant à l’astaxanthine proprement dite, il se pourrait qu’elle exerce une activité anti-tumorale par stimulation de certaines réponses immunitaires

  Des souris ont reçu de l’astaxanthine par voie orale avant l’injection de cellules tumorales, On a constaté ensuite que chez ces souris, la taille et le poids des tumeurs étaient significativement inférieurs à ceux des souris témoins. 

   En outre, les groupes supplémentés en astaxanthine qui présentaient l’activité anti-tumorale la plus intense présentaient aussi des niveaux élevés d’activité des lymphocytes T.

   Les auteurs notent que, d’après leurs résultats, l’administration d’astaxanthine alimentaire à des niveaux biologiques est capable de supprimer la croissance des cellules tumorales et de stimuler l’immunité contre ces cellules réfractaires au début du développement des tumeurs.

 

                                                       UN STIMULANT IMMUNITAIRE

   Les caroténoïdes en général et l’astaxanthine en particulier ont un effet stimulant significatif sur le système immunitaire et ils protègent les membranes cellulaires et l’ADN cellulaire contre les mutations.

  Par ailleurs, il a été démontré que la farine d’algue Haematococcus, riche en astaxanthine est capable de réduire considérablement les populations de bactéries Helicobacter pylori dans les estomacs de souris infectées, en entrainant une diminution significative de l’inflammation gastrique responsable des ulcères d’estomac.

   Aux deux concentrations les plus faibles d’Haematococcus, les bactéries Helicobacter ont été totalement éliminées chez 20% des souris et à des doses plus fortes, chez 40% des souris.