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                          Comment bien vieillir ? (3)


                        3. La contre-attaque: les antioxydants

 

   Si nous sommes encore en vie malgré la menace oxydative : voir article précédent: 

   c’est bien sûr parce qu’une parade existe.

   Son nom: les antioxydants!

   Sous ce nom se cache une incroyable variété de composés chimiques qui ont tous comme point commun d’être des donneurs d’électrons capables de restaurer l’équilibre électronique des radicaux libres. Ils fournissant l’électron manquant tant recherché sans devenir eux-mêmes des espèces chimiques nocives.














   Si leur existence est sans doute aussi ancienne que la vie sur terre, l’intérêt pour ces substances capables d’empêcher les effets délétères de l’oxygène ne date pas non plus d’hier…

 

               Un peu d’histoire…

 

   L’homme s’est très vite rendu compte que certaines matières laissées à l’air libre s’oxydaient et s’altéraient.

   Dès la fin du XIXe siècle, l’industrie s’intéresse à la façon de juguler ce phénomène et de contrer les dommages sur ses produits, tels la corrosion des métaux, la perte d’élasticité des caoutchoucs ou le rancissement des graisses.

   Au milieu des années 1950, les chercheurs démontrent que cet oxygène, si délétère pour l’industrie peut l’être aussi pour l’organisme humain.

   L’oxygène et les radicaux libres qu’il génère deviennent alors l’objet d’un intérêt qui se généralise au monde de la biologie et de la médecine.

   C’est en 1956 que le Dr Harman a l’intuition que ces derniers pourraient être responsables de notre vieillissement cellulaire.

   Il propose la Théorie du Vieillissement par les Radicaux Libres (Free Radical Theory of Ageing).

   De nombreux travaux aboutissant par exemple à la découverte en 1969 de la première enzyme antioxydante connue, la Superoxyde Dismutase (SOD).

   Indirectement, cette révélation fait la preuve de l’existence de radicaux libres au sein de notre organisme et devient le point de départ d’un nombre impressionnant de travaux sur les radicaux libres et les antioxydants.

 

                   Les défenses antioxydantes

 

   Nous possédons en effet un certain nombre de défenseurs sécrétés par l’organisme tels le glutathion, l’acide urique ou encore des enzymes comme les superoxydes dismutases (SOD), les catalases et les glutathions peroxydases capables de juguler la prolifération des radicaux libres.

   Il est important de noter que ces systèmes de défense voient leur efficacité diminuer avec l’âge.

   Ces processus enzymatiques sont en outre étroitement dépendants de certains minéraux et oligoéléments tels le zinc, le cuivre, le fer, le manganèse, le sélénium, mais aussi le magnésium.

   L’apport de ces éléments en quantité suffisante par l’alimentation est donc essentiel pour garantir le bon fonctionnement de cette ligne de défense.

   C’est également l’alimentation qui va fournir des nutriments essentiels à la vie tels les vitamines C. E et le bêta-carotène.

   Outre leurs rôles vitaux dans de nombreux processus métaboliques, ces composés jouent aussi un rôle majeur dans la lutte antioxydante.















             




              L’alimentation à la rescousse

 

   Fort heureusement, les dispositifs antioxydants sécrétés par l’organisme (endogène) décrits plus haut ne sont pas les seuls à s’opposer aux radicaux libres!

   Un nombre considérable de substances fournies par l’alimentation va ainsi accroître le statut en antioxydants de l’organisme.

 

                      Mais quelles sont ces substances ?

 

           Les vitamines tout d’abord


   Les vitamines E : vitamine liposoluble, il en existe 8 formes, alpha-, beta-, gamma-, delta-tocophérol et alpha-, beta-, gamma, delta-tocotriénol.

   Si l’alpha-tocophérol est présent en plus grande quantité et principal responsable de l’activité biologique dans l’organisme, les autres formes n’en restent pas moins importantes et devraient être incluses dans tout apport en vitamine E.

   Elle est un grand protecteur des lipides membranaires contre l’oxydation par les radicaux libres.

   La vitamine C : hydrosoluble, elle est très sensible à la lumière et à la chaleur.

   Elle participe à la régénération des systèmes antioxydants endogènes.


              Ensuite les minéraux


   Plusieurs minéraux agissent comme cofacteurs de l’activité enzymatique antioxydante et sont donc indispensables.

   Du Sélénium (Se): cofacteur de la glutathion peroxydase, cet oligoélément peut être très carencé dans l’alimentation à cause notamment de sa rareté dans certains sols et dans des végétaux et animaux qui s’y développent.

   Zinc (Zn): cofacteur de la SOD (superoxyde dismmutase) au même titre que le Cuivre et le Manganèse.

   Cuivre (Cu) et Fer (Fe): cofacteurs de la SOD et des catalases, ces minéraux sont donc indispensables à l’activité antioxydante.

 

          Polyphénols et carotenoïdes

 

   Un grand nombre de composés photochimiques élaborés par les végétaux pour soutenir leur croissance ou comme moyen de défense contre les ravageurs se révèlent être de puissants antioxydants.

   Ils font l’objet depuis ces dix dernières années de nombreuses recherches sur leur implication dans la prévention des maladies dites «de civilisation» (maladies cardio-vasculaires, cancer, diabète, obésité, troubles neurodé­génératifs comme les maladies de Parkinson et d’Alzheimer).

   Il est difficile de fixer des apports journaliers recommandés en ces composés.

   La consommation quotidienne de 5 à 7 portions de fruits et légumes variés devrait suffire à combler les besoins et à assurer une protection antioxydante optimale.

   (1 portion = +/-80 g = une poignée de main)

















    Ce sont essentiellement:

            LES POLYPHENOLS :

   Familles de composés regroupant plusieurs milliers d’espèces regroupées en :


   Composés phénoliques :

   L’acide caféique abondant dans la peau des fruits, l’acide féru­lique représentant 90% des polyphénols du blé,....

   Lignanes, abondants dans les graines de lin, légumineuses et légumes et présentant une activité phyto-ostrogénique.

   Stilbènes, dont le célèbre Resvé­ratrol extrait des fruits rouges dont le raisin et impliqué dans le fameux paradoxe français.

 

   Flavonoides:

   La Quercé­tine et le Kaempférol, les caté­chines du thé vert et du cacao.

   Ils sont très abondants dans certains légumes comme le persil et le céleri ainsi que dans les petits fruits colorés (myrtilles, canneberge, cassis...) et certaines légumineuses (isoflavones du soja).

   Ce sont de puissants protecteurs des vaisseaux, particulièrement abondants dans les parties extérieures des fruits et légumes (peau, feuilles les plus externes des légumes à feuilles).

   Ils regroupent notamment les anthocyanes responsables de la couleur rouge et bleue des petits fruits (airelle, cassis, myrtille...) et les tanins (dans le vin, le thé, la noix, la fraise et la framboise).

 

            LES CAROTENOIDES :

    Groupe de pigments responsables de la couleur rouge et jaune des végétaux.

   Les plus connus sont:

   Le bêta-carotène (ou provitamine A): abondant dans les fruits et légumes jaunes comme les carottes, poivrons, abricots, patates douces, mais aussi épinards et brocolis dans lesquels ils sont masqués par la chlorophylle verte, qui a d’ailleurs, elle aussi, un grand pouvoir antioxydant.

   Un taux record en béta-carotène plus de 10 fois supérieur à celui de la carotte est cependant trouvé dans la spiruline, une algue bleu-vert bien connue en complémentation nutritionnelle.

   Le béta-carotène, pigment liposoluble, est le précurseur de la vitamine A (rétinol) indispensable à la vie.

 

   Le lycopène: présent dans la tomate, le pamplemousse rose, la papaye et la pastèque, ce pigment liposoluble présente des propriétés antioxydantes très intéressantes pour la prévention de certains cancers dont celui de la prostate.

 

   Lutéine et zéaxanthine: ces deux pigments liposolubles sont abondants dans des aliments jaunes comme le maïs, le jaune d’œuf, mais aussi dans certains légumes verts comme les brocolis, les choux, les épinards, l’oseille.

   Ils sont notamment de grands protecteurs de la rétine qu’ils protègent de la DMLA (Dégénérescence maculaire liée à l’âge, fréquente source de cécité chez les personnes âgées).

 4-10-2013