Trouver la santé et
le bien-être d'une
manière naturelle

Conférence donnée à Bruxelles, le 17 novembre 1981, par Jacques SKALKA

LA MACROBIOTIQUE : CE QU’IL FAUT SAVOIR ! 

En ces temps, où de nombreuses façons de se soigner sont offertes aux malades, force nous est de constater que la méfiance s’est installée dans les esprits vis-à-vis de la médecine officielle. Cette méfiance paraît justifiée quand on voit les nombreuses personnes qui se sont guéries ou qui ont grandement amélioré leur santé par des médecines douces, alors qu’elles avaient été répertoriées comme “malades incurables” par les “scientifiques”. 

Alors qu’il y a peu de temps, il n’existait en Europe que deux ou trois écoles de médecine, l’Extrême-Orient en a toujours regorgé. Actuellement les malades ont le choix entre la naturopathie, l’acupuncture, le moxa, la chiropractie, etc... sans oublier l’homéopathie et l’allopathie. Georges Ohsawa, qui a consacré toute sa vie à propager la Macrobiotique dans le monde entier, a classé les différentes médecines en 7 degrés : 

1) MEDECINE SYMPTOMATIQUE : ne s’intéresse qu’aux symptômes, les détecte, et s’efforce de les faire disparaître sans tenir compte de la cause. 

2) MEDECINE PROPHYLACTIQUE : met tout en œuvre pour éviter que la maladie n’apparaisse, et à part l’hygiène dont les effets prophylactiques sont incontestables, cette médecine fait souvent plus de mal que de bien, étant trop basée sur la médecine symptomatique. On se contente d’éviter les symptômes sans s’intéresser aux origines profondes de la maladie. 

3) ART DE LA SANTE : nécessite une maîtrise des deux premières ; il demande une longue expérience qui permet au médecin de “sentir” le malade et de déduire les remèdes à recommander. Alors que les deux premières médecines considèrent surtout "les maladies", l’art de la santé constitue un premier pas vers une médecine de "l’individu”. 

4) MEDECINE MACROBIOTIQUE (l’art du rajeunissement et de la longévité). Le mot macrobiotique nous vient du grec macro = grand, bios = vie, macrobiotique = grande vie. Le mot “grand” doit être pris au sens qualitatif, et non quantitatif. La vie doit être intéressante et pleine d’enseignements, et non pas longue et remplie de souffrances vaines. La Macrobiotique inclut la connaissance non seulement de la maladie, mais également de son utilité par rapport à l’univers tout entier. Quelle est son origine ? Quelle est sa nécessité ? etc. Alors que les trois premières médecines sont en général pratiquées par des médecins, la macrobiotique implique une prise en charge de l’individu par lui-même. 

5) MEDECINE SOCIO-MORALE EDUCATIVE : c’est la médecine qui établit la santé, la liberté et la justice de la société. 

6) MEDECINE PHILOSOPHIQUE : médecine de la pensée et du jugement. 

7) MEDECINE SUPREME : cette médecine est une technique éducative, biologique, physiologique et dialectique, pour, faire découvrir par le seul malade la constitution-conception de la vie et du monde. 

Voici donc située la Macrobiotique : contrairement â ce que beaucoup de personnes pensent, il ne s’agit pas d’une technique pour soigner qui se suffit à elle-même, car elle implique une évolution vers des étapes de compréhension plus élevées. A défaut de cette évolution, le malade utiliserait cette technique comme médecine symptomatique ou prophylactique avec toutes les conséquences néfastes produites par ces façons limitées de considérer la maladie. 

Si l’on veut acquérir des notions précises au sujet de la maladie, il nous faut étudier et connaître les lois qui régissent la santé. Chaque homme a un passé personnel sur lequel il peut se pencher pour comprendre son origine et découvrir les lois qu’il doit respecter pour vivre en harmonie avec son milieu. Avec les progrès de la science, nous sommes arrivés â la conclusion que la vie n’a pas toujours existé sur notre planète. Avant que la vie n’apparaisse, le minéral constituait le seul élément de la terre. Pour comprendre la naissance de la vie, il nous faut remonter â la naissance de la terre. 

Voici ce que j’ai compris à travers l’enseignement de G.Ohsawa : Notre univers procède d’un mécanisme unique qui crée et régit toute manifestation. Au commencement, un courant d’énergie s’enroule sur lui-même, se solidifie, et selon le principe universel « LA QUANTITE CHANGE LA QUALITE », cette énergie devient matière. Le courant d’énergie arrive sans cesse, et toujours selon lé même principe, la matière évolue, se transforme, pour finalement constituer une planète. Lorsque les conditions sont remplies, toujours grâce au courant d’énergie créateur, la vie apparaît. 

La matière et la vie sur terre sont donc le résultat d’une action (Yang) du ciel et d’une réaction (Yin) de la terre. Mais il existe différentes matières et différentes formes de vie sur la terre. C’est dire que l’énergie créatrice et la libération de cette énergie par la terre ne sont pas constantes. Elles sont dépendantes de toutes sortes de facteurs, tels que climat, position géographique, conditions physiques, etc. 

L’évolution de la vie sur terre s’est faite mécaniquement â travers les multiples conditions qui ont régné sur notre planète, et une de ces conditions essentielles est certainement la nourriture. Je ne nie pas l’importance des autres éléments, comme l’air par exemple, mais c’est au niveau de notre alimentation que nous pouvons le mieux intervenir.

Si l’homme veut conserver la santé, il doit se nourrir d’aliments qui ont été créés par une libération d’énergie de la terre équivalente à celle qui l’a lui-même créé. S’il veut se nourrir d’aliments qui sont déséquilibrés par rapport à lui, il doit leur réserver une préparation adéquate, ou bien les accommoder avec des aliments qui ont été créés par une plus forte ou une plus faible libération d’énergie selon le cas. L’étude qui permet de discerner dans quelle mesure un aliment nous convient ou pas, et la façon de les préparer ou de les accommoder, c’est la Macrobiotique. 

La pratique de la Macrobiotique doit nous permettre de manger tout ce que l’on veut, puisqu’elle implique la connaissance de l’effet des aliments sur notre organisme et les moyens d’en éviter les conséquences néfastes. 

Ceux qui prétendent que la Macrobiotique est un régime de fanatiques, qui se privent de toutes sortes de bonnes choses, n’ont certainement pas bien compris le message de Georges OSHAWA. Il est vrai qu’il existe principalement deux façons d’envisager et de pratiquer la Macrobiotique et souvent il y a confusion dans l’esprit des gens. 

1) La Macrobiotique curative : elle permet au malade de comprendre qu’il est le seul créateur de sa maladie, et que le respect des lois de la nature lui permet de guérir et de devenir son propre médecin. 

2) La Macrobiotique usuelle : elle permet de manger tout ce que l’on veut tout en évitant la maladie, ou bien en tombant malade pour perfectionner sa compréhension de la maladie et ainsi mieux conseiller son entourage. 

Au début, nous conseillons la Macrobiotique curative pour laisser à chacun la possibilité de se libérer le plus vite possible de sa dépendance et surtout pour permettre à chacun de connaître son “étalon” santé. Par une pratique de la Macrobiotique curative, on peut très vite se rendre compte d’une très nette amélioration de sa santé, et bientôt un bien-être général s’installe. A ce moment, si on consomme un aliment qui ne nous convient pas, on réagit immédiatement, c’est très bon signe, c’est dire que l’organisme a retrouvé ses moyens de défense. 

Au début de la pratique de la Macrobiotique, certaines réactions peuvent se produire, ce sont les crises de désintoxication. Lorsqu’une personne se nourrit simplement de céréales complètes et d’un peu de certains légumes cuits, en abandonnant sucre, alcool, café, viande, etc..., elle n’assimile pas immédiatement ce qu’elle ingère et elle réagit comme si elle jeûnait. 

Pour que vous compreniez mieux ce qui se passe lorsque vous pratiquez la Macrobiotique curative, il est indispensable que vous connaissiez la théorie du Professeur MORISFIITA sur la fabrication du sang dans notre organisme. Contrairement à la thèse officielle, le Pr. MORISFITA est arrivé à la conclusion que notre sang n’est pas élaboré au niveau de la moelle des os, mais bien au niveau des intestins. D’après lui, les villosités intestinales transforment notre bol alimentaire en globules rouges, qui non seulement nourrissent les cellules, mais se transforment même en cellules ou en un autre élément (graisse, moelle, etc.) en passant par le stade intermédiaire de globules blancs.

Le rôle premier des globules rouges est de réoxygéner les cellules, lesquelles ne peuvent survivre longtemps sans nouvel apport d’oxygène. Si les cellules du cerveau par exemple sont privées d’oxygène pendant deux à trois minutes seulement, il peut en résulter des lésions aux conséquences irrémédiables.

Il arrive que, pour des raisons fonctionnelles ou autres, le sang est momentanément privé d’apport nourricier à partir des intestins ; par exemple lors de stress, de diarrhée, de sous-nutrition, de jeûne, etc. ; or pour que le sang maintienne ses fonctions, il ne peut descendre en-dessous de 3 millions de globules rouges au mm3. A ce moment-là, il se passera le processus inverse, c’est-à-dire que la cellule redeviendra globules rouges afin de maintenir constantes les fonctions vitales du sang. Il est certain que les cellules les plus faibles, le moins utiles au bon fonctionnement de notre organisme se retransformeront en premier lieu. 

D’après le Pr. MORISHITA, sans cette vision du mécanisme de l’élaboration de notre sang, il n’existe aucune possibilité de guérir le cancer. D’après lui, la leucémie serait produite d’une part par des globules rouges trop faibles et dont l’évolution s’arrête au stade de globules blancs, et d’autre part par des cellules trop faibles qui lors de leur retour dans le sang s’arrêtent également au stade des globules blancs.

Il se fait que la théorie selon laquelle le sang est produit dans la moelle des os résulte d’expériences qui ont été pratiquées sur des poulets et des colombes qu’on a laissés mourir de faim pendant deux semaines. Or, pendant le jeûne, les cellules de la moelle osseuse, des tissus adipeux, des tissus musculaires, du foie, etc... se transforment en globules rouges dans un certain ordre, et le processus commence par la moelle des os. Cette théorie ne correspond donc pas au processus normal de la production du sang. 

Nous pouvons maintenant mieux comprendre ce qu’on appelle crise de désintoxication. Ce sont les excès qui sont en nous qui reviennent dans le sang et qui provoquent par l’intermédiaire de notre système nerveux des réactions comme si la maladie s’installait. En réalité, il suffit d’attendre un, deux ou trois jours, rarement plus, pour voir les symptômes de la désintoxication disparaitre. Si l’état général est gravement atteint, surtout les organes qui permettent l’élimination, la crise de désintoxication peut durer plusieurs semaines ; il n’y a pas lieu de s’inquiéter, il suffit d’être informé. 

Vous avez peut-être compris à travers mon explication que la pratique de la Macrobiotique curative ou du jeûne pouvait présenter quelque danger, puisque si le sang est privé trop longtemps d’un apport de substances nutritives, l’organisme risque de se vider non seulement de ses excédents, mais encore des substances qui sont indispensables à son bon fonctionnement.

Un lapin, par exemple, s’il ne mange rien, meurt au bout de deux ou trois semaines. Alors qu’habituellement un lapin a 5,5 à 6 millions de globules rouges, lorsqu’il est mort de faim, le nombre de ses globules rouges diminue rarement sous 3 millions. En revanche, l’autopsie révèle des dommages considérables au niveau des cellules : le foie aura gardé sa dimension, mais son cytoplasme aura diminué, ses cellules ainsi que celles, des, reins et même celles du cerveau seront devenues poreuses. 

Ainsi une Macrobiotique curative ou un jeûne trop prolongés pourront donner les mêmes résultats. C’est pourquoi il est indispensable, du moins tant que l’expérience n’est pas acquise, de ne pas se lancer dans des pratiques hasardeuses. Il est de loin préférable de se référer à des gens d’expérience, sans quoi on risque de jeter le discrédit sur des méthodes de guérison qui ont fait leurs preuves. 

 10-03-2013 
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