Trouver la santé et
le bien-être d'une
manière naturelle

Jeûner, une privation bénéfique ?

   

   Le jeûne ou les cures de détox ont le vent en poupe.

   Eliminer les toxines, régénérer les cellules, contrer les excès alimentaires, retrouver de !a légèreté de corps et d'esprit..

   Les lendemains de fêtes voient s'intensifier de tels souhaits. Mais finalement jeûner est-il bon pour !a sante?

 











   Le mot « jeûner » peut évoquer pêle-mêle des représentations diverses.

   Le jeûne est une pratique millénaire, étroitement liée aux fluctuations des disponibilités alimentaires ou motivée par des raisons traditionnelles, religieuses, politiques.

   On pense en effet au jeûne religieux, pratique dans les grandes traditions - du ramadan au carême-, avec parfois des accents mystiques, pour accompagner la prière. On pense aux jeûnes militants, aux grèves de la faim, signe de protestation ou jeûne de grandes figures telles Gandhi.

   On pense aussi aux privations alimentaires involontaires, aux disettes, au drame des famines. On pense peut-être moins au jeûne nocturne, à ce processus naturel que nous pratiquons tous, lors du sommeil, entre le repas du soir et le petit déjeuner.

 

                                    Mini jeûne quotidien

 

   Lors du sommeil ou dans les périodes séparant les prises de repas, différents mécanismes physiologiques s'activent dans le but de maintenir l’apport nécessaire d'énergie au niveau des organes vitaux, en particulier le cerveau.

   Lors du sommeil, la sécrétion d'insuline diminue fortement et celle du glucagon augmente. On assiste pendant cette phase initiale principalement à une stimulation de la glycolyse (production de glucose à partir des réserves) et dans une faible mesure à une lipolyse (utilisation des lipides).

   Ainsi on jeûne tout naturellement pendant une durée limitée.

   Certains examens médicaux ­anesthésie générale, prises de sang ... - nécessitent d'être à jeun. Ces "sauts de repas" réclamés avant un examen ou une intervention médicale peuvent être assimilés à un mini-jeûne; ils devront compter minimum 6 heures (la durée varie selon les indications).

 

                                    Un effet d'euphorie

 

   On considère un jeûne court entre la 12e heure et le 4e jour de privation de nourriture tout en buvant de l'eau. 

   Le corps qui a vidé les réserves de sucres présentes dans le foie, doit absolument trouver une alternative à cet apport en glucose pour alimenter le cerveau. Il va utiliser principalement les protéines présentes dans les muscles. D'aucuns évoquent d'ailleurs la perte musculaire induite par le jeune.

   Cette fonte explique en partie la perte de poids. 

   Avis à ceux qui associent privation de nourriture et adieu aux graisses : passer des repas ou ne plus manger ne permet pas de diminuer les graisses, cela renforce l'effet yo-yo. Car, une fois réalimenté, le corps fabriquera des réserves en prévision des privations futures.

   A partir du 5e jour, on parle d'un jeûne prolongé. Et ce, jusqu'à trois semaines. Au-delà, il y a un danger vital.

   Au cours d'un jeûne prolongé, l'utilisation des protéines a tendance à se stabiliser et l'énergie provient principalement de la dégradation des lipides (graisses), avec production de corps cétoniques. Ce processus progressif commence dès le 3e jour de jeûne.

   Les corps cétoniques créent un état euphorisant, ils peuvent générer une impression de bien-être, de légèreté et couper la faim. Ils provoquent un état modifié de la conscience, une sensation grisante observée voire recherchée par certains jeûneurs.

 

                                  Encadrement médical

 

   II est bon de savoir que la pratique du jeûne ­court ou prolongé - comprend certains risques.

   Au rang de ceux-ci, la fonte musculaire et l'atteinte au muscle cardiaque (une diminution de la force de contraction qui peut se manifester par une hypotension, de l'essoufflement ... ).

   On peut également évoquer la perturbation de l'immunité, les risques accrus d'ostéoporose, la complication inattendue d'un diabète méconnu mais aussi la réactivation éventuelle de conduites anorexiques.

   Ainsi, un suivi médical apparait indispensable. Si la pratique du jeûne peut être envisagée chez une personne qui n'a pas de problèmes de santé, et durant une durée raisonnable (maximum 10 jours), elle ne peut pas l'être sans un accompagnement médical consciencieux.

   A tout le moins, l'avis préalable d'un médecin s'impose.

 

   De même face aux programmes detox très en vogue, il s'agit de ne pas se lancer dans n'importe quelle cure, n'importe comment. Attention particulièrement aux mono-diètes (se limiter à un seul aliment).

   A ceux qui imaginent mettre leurs intestins au repos, on sait pourtant que les intestins ont besoin de travailler, sinon ils se dérèglent. Faute d'utilisation du tube digestif, la flore bactérienne peut proliférer de manière inadéquate, ainsi que des toxines peuvent s’accumuler.

   L'absence de mouvement des intestins comporte des risques d'occlusion.

 

                    L'occasion de revoir son alimentation

 

   L'attrait pour le jeûne ou la détox met par contre en évidence un constat largement partage : dans notre mode de vie occidental, on a tendance à trop manger, voire mal.

   Une observation aiguisée après la période des fêtes.

   Il s'agit de réapprendre à boire de l'eau, de donner une place plus grande dans nos assiettes aux fruits et légumes (voir l'article: cure de désintoxication) qui apportent vitamines, sels minéraux, antioxydants et contiennent des fibres facilitant le transit intestinal, de se dégager d'une nourriture trop carnée, trop riche en sucres raffinés, et aussi de réapprendre à écouter son corps.

 22-02-2014