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              Le sens de nos attitudes corporelles
 

 
                              Le corps dit tout haut ce que l'esprit pense tout bas.  
              Mais encore faut-il comprendre ce que veulent dire nos gestes et nos attitudes.
 
 
    Philippe Turchet, spécialiste de la communication, a créé une nouvelle méthode visant à comprendre son interlocuteur à travers sa gestuelle : la Synergologie.  

    Philippe Turchet fut d'abord acteur, formé chez Stanislawski, puis metteur en scène d'une compagnie de théâtre, avant d'étudier la psychologie de l'école de Palo Alto.  
 
    C'est dire qu'il s'est beaucoup intéressé, tout au long de sa vie, à ce qui s'exprime par le corps, et qu'il ne croit pas nécessairement à ce que disent les mots. Car, bien souvent, le langage verbal, qui est passé maître dans l'art de filtrer la sincérité et la spontanéité, est en désaccord avec le langage non-verbal s'exprimant par les gestes.












 

 
    Il s'agit donc alors, face à un interlocuteur, de se mettre à l'écoute de ses attitudes corporelles, et surtout de les décrypter.  
 
            LA POSITION ASSISE  
 
    Plus que toute autre, la disposition des jambes et des pieds en position assise est révélatrice du repli ou de l'ouverture de l'individu dans la relation.  




































    On peut globalement distinguer trois attitudes relationnelles négatives : le désaccord, l'absence ou l'incompréhension.  

 
    Si l'on n'est pas d'accord, on se ferme. Le corps se ramène alors en arrière sur la chaise, les pieds et les bras se croisent, et surtout l'esprit s'enferme dans ses propres pensées, demeurant totalement imperméable à la communication.
 

     Face à un cas semblable, il convient de réagir au plus vite, en donnant immédiatement la parole à celui qui se ferme ainsi, afin qu'il expose clairement les raisons de son désaccord.  
 
    Mais il se peut également que l'interlocuteur, pour des raisons diverses comme la fatigue ou le manque d'intérêt, se déconcentre totalement et pense à autre chose. Le corps, dans ce cas, a plutôt tendance à se décontracter à l'extrême et utiliserait volontiers le siège comme s'il s'agissait d'un lit. Le regard devient plus ou moins fixe et les paupières restent, elles aussi, immobiles.  

    Là encore, la solution consiste à lui donner la parole, éventuellement en changeant de sujet ou, mieux, en lui demandant de parler de lui, thème de conversation universellement reconnu comme positivement passionnant par ceux qui sont invités à le faire.  

    Enfin, il peut arriver que le sujet ne comprenne pas ce qui se dit. Cette inconfortable situation provoque évidemment un stress qui se répercute corporellement par une avancée du haut du corps en avant, dans une indéniable volonté de mieux écouter, associée à un recul des jambes.  

    Cette position est relativement naturelle en début d'entretien, car le stress de la rencontre est souvent suffisant pour la susciter ; mais lorsqu'elle se produit soudainement au cours d'une conversation, elle indique une incompréhension marquée.

   Il n'y a, alors, plus d'autre solution que de tenter de devenir plus clair et de répéter, sous une autre forme, ce que l'on vient de dire.  

    Fort heureusement, la position assise peut aussi refléter des attitudes relationnelles positives ; et c'est souvent à la façon de croiser les jambes qu'on les reconnaît.  
 
    Si, par exemple, les jambes de chacun des interlocuteurs sont croisées de manière à ce que les pieds désignent la direction de l'autre, cela signifie généralement une indéniable entente. Dans ce cas, les deux personnes se sentent bien ensemble et utilisent leurs jambes comme pour s'isoler du monde extérieur et se refermer l'une sur l'autre.  


    Par contre, si les deux interlocuteurs dirigent leurs pieds dans le même sens, que ce soit vers la droite ou vers la gauche, cela indique la fermeture de l'un d'eux, en l'occurrence de celui qui ne dirige pas son pied vers l'autre.  


    Et bien sûr, quand deux personnes croisent leurs jambes dans des directions opposées, c'est évidemment le signe d'une fermeture réciproque.  

 
            LA POSITION DES JAMBES  
 
     Le croisement des jambes peut avoir diverses significations en fonction de leur amplitude. L'amplitude de ce croisement est révélatrice du degré de confiance et de stress.  



































    Tout d'abord, à un stress optimal correspond bien souvent un double croisement des jambes. Là, il est clair que l'esprit et le corps sont noués. Un tel état de stress peut naturellement être momentané, par exemple en situation d'entretien d'embauche ; ou chronique, chez quelqu'un de particulièrement nerveux en toutes circonstances.  

    A un degré moindre, le croisement simple au dessus du genou indique un petit stress, fréquent en début d'entretien, mais pouvant laisser penser, lorsqu'il se produit plus tard, que la personne esquisse là une sorte de réflexe de fuite.  


    Toutefois il ne faut pas confondre ce croisement tendu, souvent accompagné d'un recul du haut du corps, avec un croisement plus détendu, éventuellement lié à une avancée du haut du corps.  


     Enfin, le croisement aux chevilles, les jambes étendues, traduit le plus souvent une détente et une grande confiance dans l'interlocuteur. Mais là encore, bien sûr, il ne faut pas que le corps accompagne ce croisement d'un total avachissement qui signifierait alors l'absence d'intérêt dont on a parlé plus haut.  


     On pensera, à juste titre, que si le croisement des jambes a une signification, l'absence de croisement en a une autre.  


     Effectivement, les deux pieds posés bien à plat sur le sol indiquent une stabilité évidente. Le corps, lui même, reste parfaitement droit, sans abandon aucun, dans une position globale qui exprime clairement une totale réceptivité alliée à une parfaite indépendance. Au contraire, lorsque les pieds se rapprochent et ne reposent plus complètement au sol, que le haut du corps se penche légèrement en avant, rappelant un peu la position de l'enfant sage qui écoute ses parents, l'attitude exprime alors une certaine dépendance, voire l'aveu d'une relative infériorité.  


    Enfin, la position jambes serrées, habituellement adoptée par les femmes, est évidemment totalement artificielle et ne traduit guère que la rigidité dans laquelle s'enferment toutes celles qui préfèrent la «bonne éducation» à la spontanéité. 

 
            LA POSITION DES MAINS ET DES DOIGTS  
 
    La position des mains, elle aussi, est primordiale dans l'expression des sentiments par le corps. D'une manière générale, plus les mains sont ouvertes, plus elles expriment la détente ou la réceptivité ; et plus elles sont fermées, plus elles symptomatisent un état de stress ou de concentration.  


































    Durant la marche, notamment, plus les mains sont ouvertes et dirigées à l'arrière du corps, plus l'individu est extraverti.  

Inversement, les personnes marchant le poing fermé sont généralement préoccupées et repliées dans leurs pensées.  

     Mais c'est lorsque la personne est assise que les mains peuvent le mieux renseigner sur son état mental ou sa disposition d'esprit, surtout quand ces mains s'approchent du visage.  


    En état de stress, par exemple, le poing peut se refermer et couvrir la bouche. Puis, quand on commence à se détendre, la main va s'ouvrir, éventuellement en esquissant une sorte de caresse du menton.  


    Inversement, lorsque, loin de se détendre, on pose le dos de la main sur la bouche ou le menton, c'est un signe de recul, de prise de distance par rapport à l'autre.  


    Curieusement, les doigts ont aussi un langage ; et l'on peut souvent observer un interlocuteur entamer, ou même simplement esquisser, une micro-caresse de l'un de ses doigts.  


    Ainsi, lorsqu'il se touche le pouce, il exprime une crainte de se mettre en avant. Le pouce, en effet, est un symbole d'échange.  


    Un pouce levé correspond souvent à un tempérament de leader. Au contraire, un pouce refermé est signe d'introversion.  


    L'index, lui, est le doigt qu'on lève à l'école pour demander à parler. Donc, lorsqu'on le baisse, qu'on le rentre, qu'on le caresse ou qu'on le gratte, c'est probablement pour dire qu'on a quelque chose à dire mais qu'on n'ose pas le dire.  


    Le majeur est le plus grand des doigts ; c'est lui qui «sort» et qui, par conséquent, symbolise la sexualité et la créativité.

    Quand on le lève, c'est dans un geste obscène qui signifie «Allez vous faire voir ; je fais ce que je veux».  


    Par contre, un majeur que l'on rentre, que l'on tripote ou que l'on tord va signaler que la personne réfrène ses désirs, qu'elle n'exprime pas complètement, ou pas du tout, ses élans sexuels, ou n'arrive pas à passer à l'action pour réaliser ses rêves.  


    L'annulaire, comme le savent tous les gens mariés, porte l'alliance. C'est le doigt de l'union. Il exprime la douceur ; et lorsqu'il commence à vous démanger, c'est que la distance qui vous sépare de votre interlocuteur est ressentie comme un problème, surtout si cette personne est du sexe opposé.  


    C'est d'ailleurs à peu près ce que signifie aussi le dernier doigt de la main, l'auriculaire, qui est lié au cœur et qui exprime, par sa démangeaison éventuelle, un sentiment de manque d'amour.  

 
              UNE INTERPRÉTATION PERSONNELLE  
 
   Avant la synergologie, les théories concernant les significations psychologiques des attitudes corporelles étaient déjà nombreuses et d'ailleurs plus ou moins controversées. Comme pour le symbolisme du rêve, dont beaucoup d'auteurs pensent qu'il vaut mieux le laisser à l'appréciation du rêveur lui-même, l'interprétation du sens caché de nos gestes devrait peut-être plutôt faire appel à la subjectivité de chacun qu'à l'analyse préétablie de spécialistes.  

    Néanmoins, comme le rêveur peut tout de même faire appel à des dictionnaires oniriques pour mieux se repérer dans l'interprétation de ses propres rêves, on trouvera sans doute dans l'étude de la synergologie un bon prétexte pour être plus attentif aux expressions, jusqu'alors inconscientes, de son corps... et du corps des autres.  

   Si le sujet vous intéresse, je peux vous conseiller de lire les ouvrages de Joseph Messinger.

   Joseph Messinger (1945-2012), psychologue, était pionnier du décryptage non verbal et initiateur de la Programmation Neuro-Gestuelle (PNG), à l'instar de la Programmation Neuro-Linguistique (PNL).































 

 3-01-2016