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manière naturelle

 15-06-2014 

          Comment mieux se comprendre (4e et dernière partie)


                OUVRIR OU FERMER SA MEMOIRE

    La Vie spirituelle s’ancre dans le présent.

   L’existence ordinaire plonge ses racines dans le passé et se cristallise dans la mémoire d’expériences mortes, sources des fantasmes.

   Ce contraste entre la spiritualité et l’existence ordinaire est décrit avec pertinence dans l’épisode biblique de la destruction de Sodome.

   Quand le chercheur spirituel quitte enfin cette ville symbole de l’inversion des rapports au réel, il lui est indiqué que le Chemin spirituel doit passer par Tsoar, c’est-à-dire, par la nécessité de se faire tout petit, de réduire de manière drastique l’importance jusque là accordée à la personnalité.

   Or, parvenu à ce stade, un tel Chemin devient incompatible avec le moindre regard en arrière. Pourquoi ?

   Parce qu’à l’heure de l’anéantissement de l’ego, le regard, s’il reste fixé sur le présent, ne peut voir que le Soi qui grandit. Tourné vers l’arrière, il est confronté au spectacle insupportable d’un moi qui dépérit et devient misérable... ce qui ne peut que provoquer, chez la femme de Lot qui est en nous, la réaction dépressive d’une transformation en statue de sel (=véritable cristallisation de souvenirs stériles et de désirs moribonds).

 











    Il n’est d’ailleurs pas étonnant de constater que l’écrasante majorité des dépressions survienne dans une tranche d’âge bien particulière, entre 45 et 55 ans, c’est-­à-dire vers le milieu de l’existence. A cette période de la vie la construction du moi est normalement achevée.

   Il reste, à chacun d’entre nous, à choisir entre, d’une part, le sacrifice de ce moi au profit du Soi, et d’autre part l’ordinaire préservation égocentrique.., suivie d’une immanquable cristallisation.

 

   Durant la première partie de la vie, l’individu accumule des expériences qui lui permettent de se développer et de s’ouvrir. Durant la seconde partie, il utilise ces expériences passées comme souvenirs et les enferme en lui, et se referme sur eux, jusqu’à la mort.

  Inversement, lorsqu’on choisit de sacrifier l’ego, après une première partie d’existence tout à fait conventionnelle, les expériences, au lieu d’être conservées au dedans sous forme de souvenirs personnels, sont offertes au dehors et se dissolvent progressivement dans l’universel, jusqu’à cette extinction définitive que les Bouddhistes appellent Nirvana.

 

    La différence entre ces deux processus est immense.

  Dans le second cas, la mémoire, plutôt que de radoter et de se perdre dans le néant de l’oubli, est prodigieusement régénérée... puisqu’elle parvient à se souvenir du Tout!

    Aussi, le milieu de l’existence est le moment du grand choix et, par conséquent, de toutes les hésitations.

    La dépression n’est pas causée par un processus de perte de désirs et de désillusionnement, mais par l’autocensure violente d’un processus qui tend à l’évolution naturelle de la conscience.

 

                   REINTEGRER LA DIMENSION SPIRITUELLE

 

   Pour la psychiatrie conventionnelle, la dépression, comme tous les troubles psychiques, ne peut avoir que trois sortes de causes : biologiques, sociologiques, ou psychologiques.

   Sont exclues toutes causes spirituelles, pourtant prioritairement et systématiquement invoquées dans la plupart des sociétés traditionnelles anciennes.

   Freud, pour sa part, considère la dépression comme une « hémorragie du moi» qui atteint la conscience vitale du sujet au moment où il perd l’objet d’amour. Autrement dit, c’est ce qui se passe dans les cas de décès d’un proche, d’échec.

 

   Beaucoup de gens sont persuadés que la dépression n’est que la conséquence de frustrations d’ordres affectif, sexuel ou professionnel. On en vient pratiquement à penser que si le «moi-roi» est déprimé, c’est parce qu’il n’a pas eu sa dose de satisfactions égocentriques.

   On ne peut que déplorer une telle limitation des causes de la dépression.

 

   Heureusement, pour les psychiatres et psychothérapeutes réorientés dans une perspective spirituelle, l’être humain retrouve ses trois dimensions traditionnelles : le corps, l’âme et l’Esprit. 

   Cette réintégration de la dimension spirituelle permet de rendre à chaque manifestation psychopathologique la place qui lui revient dans ce processus de maturation de l’être que l’on appelle généralement «la vie».