Trouver la santé et
le bien-être d'une
manière naturelle

 4-06-2014 

     Comment mieux se comprendre? (2e partie)


                         IMAGE DE SOI TROMPEUSE

 

Cet article est inspiré de l'ouvrage de Christiane Singer: 

             « Les âges de la vie »    

 














    Naturellement, la sensibilité à soi n’a rien à voir avec l’admiration ou l’aversion qu’on peut éprouver pour le personnage que l’on joue à soi-même et aux autres. 

    Apprendre à mieux se sentir passe, en fait, par une investigation profonde, mettant précisément en péril les images gratifiantes ou dévalorisantes que l’on a de soi.

    Car ce sont ces images qu’il faut supprimer et non nos prétendus «défauts» qui, loin d’être des «excès» dont il faudrait se débarrasser, ne sont, en réalité, que des manques de nous-mêmes que nous devons combler.

    Finalement, c’est notre regard qu’il faut transformer, notre habitude à l’auto-jugement qu’il faut éradiquer, et non nos erreurs qu’il faudrait réparer.

    Comme on peut, par ailleurs, dire : « une chose n ‘est impure que pour celui qui la croit impure». 

    Par conséquent, nul prêtre, nul psychothérapeute, ne pourront nous rendre meilleurs... puisqu’il n’y a objectivement rien d’impur à extirper, en nous.

 

                 TOUS NOS ACTES ONT UN SENS

 

    Notre inconscient n’est donc pas une fosse « sceptique » à nettoyer.

    Il est, au contraire, plein de trésors à retrouver.

    Quant à nos comportements, ils ne sont pas le résultat de nos égarements, mais de notre intelligence cachée qui, en permanence, nous guide inconsciemment vers ce qui peut nous être utile pour retrouver notre bien-être.

    Il est évidemment possible, compte tenu de notre état de conscience du moment, que cette recherche du bien-être passe momentanément par un pathos.

    Toute souffrance psychique a son utilité, puisqu’elle nous signale l’urgence de sortir de cet état de conscience du moment, en l’occurrence inadéquat, pour nous rapprocher de notre centre véritable ou, en d’autres termes, pour devenir plus soi.

    Ainsi, nos inhibitions, pulsions ou phobies témoignent-elles plus d’une intelligence que d’un désordre. 

   Tous nos actes ont du sens

    Et c’est le but de la thérapie que de découvrir ce sens, et de dévoiler l’intelligence organisatrice de ces actes

    D’une manière générale, il ne s’agit donc pas de se combattre, mais plutôt de se révéler, de naître et de s’accueillir en tant qu’individu, bref: de s’individualiser.

 

                 INDIVIDUALISATION

 

     Dans le terme «d’individualisation», il ne faut évidemment comprendre ni l’ego ni l’individualisme, mais au contraire l’état d’autonomie et la capacité à l’échange. Dans cette optique, s’individualiser, c’est tout simplement, devenir davantage soi, c’est opter pour être plus.

     Il devrait être évident à tous qu’on ne s’améliore pas en devenant quelqu’un d’autre, et qu’il n’y a qu’une seule voie de perfection : la sienne.

    Pourtant, beaucoup de gens préfèrent suivre la voie du troupeau, et adhérer à une idée commune ou imiter un quelconque leader. Dans la mesure où, comme on l’a dit plus haut c’est l’identification à son conditionnement personnel qui fait difficulté en parasitant la perception du pur Soi, la résolution de cet obstacle très intime ne peut se trouver nulle part ailleurs qu’en soi-même. 

    Puisqu’il me faut désactiver l’image que j’ai de moi, je ne peux évidemment pas trouver le moyen de le faire en m’inspirant de l’image d’un autre.

    Les choses sont, en fait, beaucoup plus simples: chaque structure crée à la fois son propre problème et indique sa propre solution. Alors, si j’ai perdu la clé de ma maison dans un coin sombre près du seuil, il n’est vraiment pas raisonnable de la chercher sur la place publique sous prétexte qu’il y fait plus clair ou que j’y trouverai de l’aide.

    Il est indispensable d’accorder plus de valeur à ce que l’on sent par soi-même, qu’à ce qu’on nous dit de croire et qui participe plus des intoxications éducatives dont nous devrions nous écarter. 

    Nous percevons le monde à travers les éléments de notre propre histoire, et comme celle-ci est différente pour chacun, chacun a donc sa perception, bien distincte de celle des autres. Dans ce sens, nous sommes seuls.

    C’est sans doute la peur d’une telle solitude qui nous conduit à lutter très activement contre le processus pourtant naturel de l’individualisation, en optant généralement pour l’une des deux tendances suivantes :

- soit interdire à l’autre de penser différemment en essayant de le convaincre que c’est nous qui avons raison;

- soit renoncer à ce que nous pensons pour adhérer à ce que pensent les autres.

 

    Ces deux stratégies se retrouvent aussi bien au niveau personnel qu’au niveau social, puisqu’il existe effectivement des sociétés qui ont mis l’accent sur un individualisme générateur d’exclusion, et d’autres sur un collectivisme uniformisant. 

   Hélas, ces deux stratégies, malgré l’état fusionnel artificiel qu’elles entretiennent, empêchent les êtres de vraiment se rencontrer... car, peut-on parler de rencontre lorsque chacun est plus occupé à défendre son point de vue (personnel ou emprunté), que d’accueillir et de comprendre l’autre.

   Finalement, écraser l’autre ou se laisser écraser par lui, en détruisant la différence, détruit cet autre.., et me laisse finalement seul... 

   (à suivre)