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 28-06-2013 


LE PARDON : CHEMIN DE GUERISON (1) 

L'Université de Paix à Namur (Belgique) a proposé une session de formation « Le pardon: Chemin de guérison » avec Paul-Henri CONTENT, axée sur la pratique de l’acceptation, du non-jugement et du pardon.


Le thème du pardon s’avérant particulièrement vaste, l’objectif du présent article en 9 parties se limite à saisir les grandes lignes, sans prétendre épuiser la complexité du sujet.

 

                                                                     1. LE RESSENTIMENT


CONTEXTE :

   Posons d’abord le contexte: vous avez vécu une expérience douloureuse, plus ou moins longue, plus eu moins intense, ponctuelle ou répétée et vous en attribuez la responsabilité à autrui, vous vous sentez blessé, victime de malveillance, offensé, vous perdez votre paix intérieure et vous entrez dans la colère, la rancune, voire la haine.

   A ce stade, plusieurs options s’offrent à vous : vous pouvez refouler vos sentiments, les nier et les retourner inconsciemment contre vous, à peine ont-ils effleuré votre conscience qu’ils se transforment en vague malaise, angoisse, culpabilité ou désespoir; vous pouvez garder la mémoire de l’événement et de la rancœur qui en découle, l’alimenter, la ressasser, la ruminer et entretenir un désir morbide de vengeance, sans rien actualiser pour autant et maintenir, en façade, une relation apparemment inchangée ; vous pouvez encore riposter de différentes manières, faire mal en retour, interrompre la relation, faire regretter à l’autre son comportement négatif ou vécu comme tel.









   Ce n’est pas le lieu pour aborder la dynamique complexe et les raisons du refoulement. Notons simplement pour notre propos, qu’elle se superpose de toute façon à celle de la rancune, laquelle est sous-tendue par différentes intentions positives.

 

RESSENTIMENT :

   Quelles sont donc les bonnes intentions du ressentiment actif ou passif ?

   En premier lieu, le désir secret d’obtenir réparation, un minimum d’empathie pour votre douleur, des regrets, des excuses, voire une simple prise de conscience de la blessure infligée ou une compensation plus importante, qui permette d’effacer la « faute » et par conséquent le ressentiment.

   En effet, si ce désir était rencontré, la colère fondrait comme neige au soleil et vous seriez assez rapidement prêt à la réconciliation. Néanmoins, si rien d’actif et d’intentionnel n’est fait dans ce sens, la situation demeure.

 

   En second lieu, l’intention positive est de chercher à empêcher l’autre de recommencer, par exemple, en rompant la communication. Vous allez bouder ou simplement couper les ponts. On entendra le refrain suivant : « Je ne lui parle plus, je ne veux plus le voir, je ne veux même plus en entendre parler ».

   Notons au passage que ce comportement lui-même est destiné à montrer l’importance du dommage causé : la première intention mentionnée est toujours présente.

 








VENGEANCE :

   Mais vous pouvez aussi décider d’entrer activement dans la vengeance en vous employant à infliger a autrui un tort équivalent à celui que vous avez reçu, dans le but toujours plus caché de lui faire comprendre à quel point il vous a blessé, espérant encore l’éveil de quelque remord, ou dans le but plus intentionnel de le punir pour décourager en lui toute envie de recommencer, espérant qu’il changera son comportement à force de renforcements négatifs, en tonnant d’ailleurs pour l’occasion le couplet : « Ca lui apprendra! ».

   Ici, la notion d’honneur intervient, venant encore compliquer les choses.

   En effet, laisser une faute impunie pourrait impliquer qu’on est incapable de se faire respecter par peur du conflit. L’étiquette « lâche » serait brandie, la valeur personnelle pourrait être hypothéquée. Laver l’offense par la vengeance peut sembler alors le seul moyen qui reste pour maintenir ou restaurer sa dignité. Dans certains cas, il s’agit seulement de se réhabiliter à ses propres yeux, indépendamment des jugements extérieurs.

 

TENSIONS INEVITABLES :

   Nous voyons ici combien ces « bonnes intentions » peuvent être imbriquées dans un système de croyances relatif aux valeurs personnelles, culturelles et/ou sociales.

  Mais quelles que soient les intentions positives, en réalité, ces différentes options posent problème à la personne qui les adopte car elles sont toutes destructrices à un certain degré.

  Le refoulement et la rumination entraînent un niveau permanent de tension, une accumulation de stress intense et peuvent déboucher sur des ruptures d’équilibre psychique et/ou psychologique relativement graves (névrose, dépression, ulcères, cancers…). L’harmonie intérieure se perturbe graduellement chez l’offensé, indépendamment de toute interaction réelle et ultérieure avec l’offensant.












  La vengeance, quant à elle, débouche la plupart du temps sur une véritable guerre relationnelle pénible et douloureuse. En effet, lorsque vous faites regretter à l’autre ce qu’il vous a fait, vous le mettez immanquablement en position de vous en vouloir en retour et de se sentir justifié de se venger de votre vengeance et c’est l’escalade de la haine qui appelle la haine

  Où s’arrête ce cercle vicieux déchirant ? Et quel en est le bénéfice, au-delà qu’une intense stimulation relationnelle ? Remarquons que la plupart des guerres entre nations ne sont possibles que par le jeu de ces mécanismes psychologiques dont découlent les motivations des individus qui y participent.