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           LE PARDON : CHEMIN DE GUERISON (2)


                                                                 2. ETABLIR LA PAIX

   La question se pose s’il existe une alternative constructive qui puisse être choisie quand vous vous trouvez victime d’un dommage que vous estimez causé par autrui. Comment faire pour rétablir la paix en vous et éviter toute la négativité inhérente à la dynamique définie dans l'article précédent ?

   

  C’est ici que le processus de PAR­DON intervient en tant que moyen radical de guérison. On peut le définir comme une transformation libératrice qui s’opère à la fois sur le plan mental et sur le plan émotionnel, le premier conditionnant l’autre. En effet, dans la plupart des cas, c’est la signification que nous donnons à la situation vécue qui induit notre rancune et non l’inverse.

 

  Pardonner va ainsi consister à transformer graduellement dans un sens positif l’image que vous avez de l’autre et de ce qu’il vous a fait, de telle sorte que vous en arriverez à lâcher le ressentiment et à le remplacer par de l’amour, ce qui ne manquera pas de restaurer la sérénité intérieure qui était perturbée.

 











  Pardonner, c’est donc changer sa vision, ses croyances concernant l’offensant, le faire passer du statut d’ennemi au rang de frère humain, peinant tout comme soi sur son chemin d’évolution et faisant du mieux (ou du moins mal) qu’il peut avec son histoire personnelle. Dès lors, la tension devient soulagement, la haine se transforme en compassion, le rejet en l’acceptation et le désir de vengeance en une occasion de grandir.

 

  Soulignons aussi, dès maintenant, un point essentiel dans cette acceptation du terme : nous ne pardonnons pas pour obéir à un quelconque impératif moral ou religieux, nous pardonnons pour nous faire du bien, pour nous guérir.

 

  La personne qui pardonne le fait d’abord et avant tout pour elle-même plutôt que pour autrui, même si, par ailleurs, autrui ne peut que bénéficier des conséquences positives de la démarche.

 

  Ajoutons encore que ce travail de transformation est purement interne et vise à retrouver la paix du cœur par rapport à une personne que nous rejetons et ce, quel que soit le comportement de cette personne à notre égard. On peut pardonner dans le fond de soi-même à quelqu’un qui continue à nous haïr. Bien qu’il en soit la condition, le préalable nécessaire, le pardon n’implique donc pas forcément la réconciliation, qui consiste à restaurer l’harmonie dans une relation, ce qui ne peut être fait sans la collaboration volontaire des deux parties en présence.

 

  Après en avoir donné une définition générale et avant d’aller plus loin dans l’analyse et la description du processus du pardon qui s’étend sur plusieurs étapes successives, voyons ce que pardonner n’est pas, car de nombreuses confusions existent à cet égard.

 

PARDONNER N’EST PAS….

 

  • Ce n’est pas occulter le ressentiment (« Je suis gentil, je ne t’en veux pas/ou plus »), option refoulement, déni.

 

  • Ce n’est pas laisser l’autre nous faire n’importe quoi sans poser de limite à ses comportements (« Je t’aime tellement, j’accepte tout de toi »).

 

  • Ce n’est pas lutter contre le ressentiment et s’en culpabiliser («Un bon chrétien doit toujours pardonner»).

 

  • Ce n’est pas tenter d’oublier l’événement (« Allez, n’en parlons plus »).

 

  • Ce n’est pas trouver à l’autre de bonnes raisons de faire ce qu’il a fait et tenter de le justifier, de l’excuser (« Je ne peux pas lui en vouloir, le pauvre »).

 

  • Ce n’est cas se contenter de renouer tout en restant blessé et en continuant de culpabiliser l’autre plus ou moins ouvertement (« Je te pardonne, mais je n’oublierai quand même jamais »).

 

  • Ce n’est pas effacer l’ardoise à condition de recevoir (« Si tu verses autant de dommages et intérêts, je veux bien laisser tomber »).

 

  • Ce n’est pas passer l’éponge avec un zeste de mépris si l’autre accepte de s’humilier devant nous, ce qui est une forme subtile de vengeance (« Si tu me fais tes plus plates excuses, je daignerai peut-être te réhabiliter »).

 

  Certains prennent ces impostures (fausses apparences) pour du vrai pardon.

 

  Soyons vigilants et ne nous y trompons pas, aucune des possibilités ci-dessus ne conduisent à une paix du cœur durable, ni à la capacité d’éprouver pour l’offensant et son offense une véritable acceptation inconditionnelle.

 

  Le travail qui permet d’en arriver là ne se fait pas en un jour.

 

  C’est un véritable cheminement initiatique qui fait grandir l’être.

 

 30-06-2013