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LE PARDON : CHEMIN DE GUERISON (3)

 

  Nous avons défini le pardon comme un processus de transformation libératrice qui permet de modifier graduellement l’image de offensant de telle sorte qu’on en arrive à refuser la rancune pour la remplacer par l’amour. 

  Ce chemin se déroule en sept étapes bien définies pour chacune menant à la suivante et nulle d’entre elles ne pouvant être évitée.

  C’est une progression toujours plus profonde dans la prise de conscience de soi, la responsabilisation et l’acceptation de ce qui est. Dès le départ, soyons clairs: il ne s’agit pas d’un voyage d’agrément qui peut s’effectuer en un tournemain. Ce travail est exigeant, il demande du courage, de la détermination et surtout du temps (de quelques mois à quelques années selon les rythmes d’évolution et les résistances individuelles).


                              1. LEVER LE MALENTENDU

  Bien souvent, nous nous sentons blessés par autrui sur base d’une simple erreur d’interprétation. Ce n’est pas le comportement d’autrui en tant que tel qui nous fait mal, mais plutôt le sens que nous lui donnons, l’intention malveillante que nous lui prêtons.


 














    Illustrons ce propos par un exemple:

   Nous nous promenons dans un parc par une belle après-midi d’automne, nous croisons un groupe d’enfants délurés et, à peine sont-ils passés, nous recevons un marron sur le crâne. Voyant ces petits voyous rigoler, nous sentons la colère monter et nous apprêtons à les réprimander vertement quand nous recevons un second marron sur l’épaule cette fois. Nous levons les yeux et nous apercevons que les marrons tombent du marronnier sous lequel nous nous sommes arrêtés. Les gosses n’y sont rigoureusement pour rien. Il y a maldonne. Notre colère tombe instantanément et nous avons nous-mêmes envie de rire.


  Faute d’avoir eu le courage d’un dialogue franc et direct à propos d’un problème, certaines personnes sont restées en froid pendant des années alors qu’objectivement aucun tort n’avait été causé à qui que ce soit et qu’il s’agissait seulement de fantasmes, de projections malheureuses, d’idées fausses déformant involontairement la réalité.


  Au vu de ce qui précède, avant d’entamer un travail de pardon, si cela s’avère encore possible, on a tout intérêt à vérifier d’abord s’il y a vraiment quelque chose à pardonner en donnant la parole à l’autre et en lui permettant non pas de se justifier, mais tout simplement de s’expliquer, ce qui peut parfois suffire à corriger la perception erronée dont le ressentiment découle. Communiquer clairement nous facilite souvent la vie, ne nous en privons pas.

 

                                   2. OBTENIR REPARATION

   Comme nous l’avons vu dans la première partie, l’intention positive primordiale de la rancœur est le désir d’obtenir réparation pour le dommage enduré. Il n’est pas rare que l’autre nous ait blessé sans même s’en être aperçu, sans en être conscient. Une maladresse, une négligence, une méconnaissance, un acte manqué ou tout autre comportement inadéquat ayant des conséquences négatives pour nous, peut s’avérer téléguidé par une programmation totalement inconsciente chez l’autre.












  Il s’agit dès lors de conditionnements qui échappent à toute intention volontaire et délibérée et dont les effets néfastes ne sont nullement souhaités par celui qui les produit, même s’il en est néanmoins bel et bien responsable. Dans cette hypothèse, il ne serait pas juste de lui tenir rigueur de quoi que ce soit avant de l’avoir clairement informé des tenants et aboutissants de la situation qu’il a contribuée à générer.

 

  Si nous l’aidons à voir le tort qu’il nous a causé en mettant honnêtement cartes sur table et en nous montrant vrais dans nos sentiments et nos attentes, il y a fort à parier qu’il nous proposera spontanément de nous dédommager, regrettant de nous avoir nui d’une manière ou d’une autre.

 

  Il peut également arriver que l’autre soit parfaitement au courant de ce qu’il nous a fait et de ce que ça a impliqué pour nous comme désagrément.

 

  Peut-être même est-il réellement désolé et aurait-il sincèrement voulu que cela ne soit pas arrivé? Auquel cas peut-être n’ose-t-il pas faire le premier pas par peur d’un rejet et attend-il avec impatience un feu vert de notre part?

 

  Quoi qu’il en soit, avant de prendre le chemin du pardon, il est utile de nous demander en notre âme et conscience si nous avons bien fait tout ce qui est en notre pouvoir pour offrir à l’autre l’occasion de se racheter.

 

  Ne sommes-nous pas nous aussi retenus quelque part par nos fausses pudeurs et nos peurs du conflit à traiter plutôt qu’à éviter? Avons-nous vraiment pris le risque de la transparence en révélant à l’autre ce que nous vivions et ce que nous espérions secrètement recevoir de lui?

 

  En réalité, le véritable pardon au sens où je l’entends ici ne commence que lorsque l’autre nous signifie définitivement une fin de non-recevoir et refuse absolument de reconnaître ses torts, de s’excuser et de réparer le mal qu’il nous a fait.

 

  N’allons toutefois pas encore trop vite pour conclure par la négative, car une résistance apparente chez l’autre peut vouloir dire simplement qu’il teste inconsciemment notre bonne foi et vérifie qu’il n’a pas à craindre une vengeance cachée. Il n’est pas toujours inutile d’insister quelque peu.

 4-07-2013