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        LE PARDON : CHEMIN DE GUERISON (4)


                                3. EXPRIMER SA SOUFFRANCE

 

   Quand nous avons eu à souffrir du comportement d’autrui, que nous voulions ou non, nous éprouvons une certaine quantité de colère à son égard plus ou moins grande selon l’ampleur de notre blessure.

 








  Quelque chose de beau qui touche à notre intégrité a été atteint, voire même saccagé en nous et les émotions négatives parfois intenses (rancune, haine, désir de vengeance) qui nous habitent alors sont des réactions normales, inhérentes à notre humanité et sont sous-tendues par des intentions positives (voir Chemin de guérison 2: obtention réparation ).  

 

  Ces réactions ont néanmoins un effet potentiellement destructeur et c’est précisément de cela que nous avons besoin de nous libérer en les transformant.

 

   Or nous ne pouvons transformer que ce que nous connaissons bien et que nous avons d’abord totalement accepté en nous-mêmes. Il nous faut donc avant tout sentir à fond la pleine mesure de notre ressentiment pour être ensuite à même de le lâcher véritablement.

 

  Il est absolument impossible de pardonner en profondeur sans avoir apprivoisé et exprimé complètement toute la rage qui nous ronge de l’intérieur.

 

  La fonction première de l’émotion est de nous donner de l’énergie pour agir et faire changer notre environnement dans un sens plus satisfaisant.

 

  Une mobilisation énergétique non utilisée en action se doit d’être déchargée d’une manière ou d’une autre sous peine de déséquilibre dommageable pour la santé au sens large du terme. La pire des choses que nous puissions faire avec notre colère est donc de nous en couper, de la nier, de la refouler.

 

  C’est un peu comme si nous mettions le feu dans une corbeille à papiers et que nous l’enfermions ensuite dans une armoire sans plus nous en occuper.

 

  De plus, les émotions négatives non traitées sont comme de gros nuages dans un ciel bleu. Ils nous empêchent de voir le soleil, ils enferment notre cœur dans un carcan qui entrave sérieusement ses capacités à éprouver l’amour et la joie.

 

  Refuser nos émotions, c’est refuser la vie en nous. Nous pouvons admettre nos côtés sombres sans pour autant leur permettre de faire n’importe quoi et exprimer notre colère sans agresser personne, sans attaquer, sans émettre de comportement destructeur.

 

  Pour dire vraiment oui en profondeur, il faut d’abord dire oui ou non, sans quoi la situation reste bloquée.

 

  Si nous disons non, c’est parce que nous avons mal et quand la colère est dégagée nous rencontrons immanquablement notre douleur, douleur du manque, douleur de la perte dont nous accusions l’autre d’être responsable.

 

   A ce stade, notre bois étant consumé, notre attention ne se porte plus tant sur le soi-disant coupable que sur la douleur elle-même et la nécessité de l’intégrer. Si j’ai perdu mon ami dans un accident de travail, le fait que sa mort soit due à une négligence humaine plutôt qu’à une défaillance technique n’a finalement qu’une importance fort relative, l’important c’est qu’il n’est plus là et que j’en crève.

 

  Le venger ne lui rendra pas la vie. Cela n’aurait pas plus de sens que d’aller démolir un ordinateur responsable d’une erreur.

 

  Il n’est pas rare que certaines personnes offensées restent accrochées obstinément à un désir de vengeance pour éviter de ressentir vraiment toute l’ampleur de leur douleur considérée comme invivable.

 

   Notons au passage qu’il s’agit là d’une croyance, car aucune douleur n’est invivable et une fois de plus, c’est en acceptant de la ressentir et de l’exprimer pleinement que l’on s’en libère.

 

   C’est aussi bien sûr ce qu’il convient de faire pour clôturer la présente étape de notre voyage.

 

                                     4. PRATIQUER L’EMPATHIE

 

   Dans la plupart des cas, l’expression émotionnelle ne suffit pas à retrouver une paix durable.

 

  Encore faut-il changer le sens que nous donnons à ce que nous avons vécu, sans quoi nous risquons d’éprouver un soulagement temporaire mais pas définitif, car notre mental réalimente la rancœur qui se réinstalle progressivement et nous nous retrouvons sans cesse à la case départ.

 












  Certains bouclent ainsi un cycle colère/décharge sans jamais en voir la fin avec pour seul résultat que le problème se renforce au lieu de se résoudre.

 

 C’est l’écueil majeur de certaines thérapies émotionnelles mal comprises qui négligent l’importance fondamentale du pardon dans le processus de guérison.

 

   Attachons-nous donc à présent à transformer vraiment l’image de celui qui nous a blessé de telle sorte que ce qui génère la négativité dont nous voulons nous libérer s’évanouisse complètement.

 

   En général, le comportement de l’autre à notre égard nous est d’autant plus difficile à accepter que nous ne le comprenons pas. Nous avons tendance à l’attribuer à la malveillance, à la mauvaise volonté, à la mauvaise foi, à une intention délibérée de nous faire du tort.

 

   Nous définissons dès lors l’autre comme mauvais, méchant, nous le jugeons négativement et le plus souvent nous ne rejetons pas seulement son acte mais toute sa personne. C’est pourquoi il est capital de faire une distinction nette entre l’acte et celui qui le pose.

 

  La philosophie de base qui sous-tend cet article pose comme axiome que tout être humain a sa valeur intrinsèque par le simple fait d’exister et ce quoi qu’il fasse ou quoi qu’il ait fait.

 

   Nous sommes tous imparfaits, incomplets et inachevés, nous aspirons tous au bonheur et à la paix et nous faisons tous des erreurs nombreuses sur notre chemin de vie. Certains font des erreurs plus graves que d’autres, dérapent, défaillent, s’enlisent, vont jusqu’à commettre des actes totalement inacceptables voire monstrueux.

 

  Ils n’en perdent pas pour autant leur dignité humaine et leur droit de se corriger, de s’améliorer, de se réorienter, de continuer leur quête.

 

   A tout moment de son existence, chacun fait du mieux qu’il peut avec son histoire personnelle, ses limites, ses ressources, ses croyances, ses faiblesses, ses inhibitions, ses problèmes et son niveau de conscience présent.

 

   C’est également vrai dans le cas précis où il nous fait souffrir.

 

   Si nous pouvons comprendre et accepter cela, nous entrons dans le processus du vrai pardon.

 11-07-2013