Trouver la santé et
le bien-être d'une
manière naturelle

 14-08-2013 

               LE PARDON : CHEMIN DE GUERISON (7)


                                     ETAPE 8: REMERCIEMENT 

 

   « Perçois tes problèmes comme des opportunités » peut-on lire dans un très beau texte intitulé « Love project ». 

   En d’autres termes, toute situation humaine, toute expérience de vie, si négative, si douloureuse, si insupportable soit elle, peut toujours être transformée en une occasion de grandir, d’apprendre, d’évoluer, de devenir plus mûr, plus sage, plus humain. Toute crise, toute épreuve, même la plus extrême peut être utilisée comme un tremplin vers un plus être, vers une plus grande paix du cœur et de l’esprit.

   Appliquée au sujet qui nous occupe, cette idée signifie qu’au sein même de l’offense se trouve un cadeau caché, une pierre précieuse qui nous est destinée.

  Nous sommes bien sûr totalement libres de l’extraire de la vase ou de l’y laisser croupir sans nous en soucier, voire sans même en connaître l’existence, ce qui est hélas le cas pour la plupart d’entre nous. Dans le processus du pardon, il s’agit d’aller chercher cette perle et d’en profiter pleinement. Pour ce faire, posons-nous honnêtement la question suivante: comment cette blessure, cette souffrance m’a-t-elle fait évoluer? Ce que l’autre nous a fait peut, si nous le voulons, nous permettre d’apprendre ou de réaliser quelque chose d’unique, de spécifique, qui est propre à ce contexte précis et inaccessible dans un autre contexte.

   Peut-être même cela s’est-il déjà produit sans que nous l’ayons clairement compris.

  















                                                          Illustrons cette approche par l’exemple de Jean-Paul

   Jeune, ingénieur animé par une ambition dévorante, Jean-Paul a gravi quatre à quatre les échelons de la réussite sociale et se retrouve à 35 ans PDG d’une multinationale. Son existence est essentiellement motivée par la poursuite du pouvoir et il n’a pas hésité jusqu’à présent à écraser impitoyablement ses principaux rivaux, il est ce qu’on appelle un “requin’.

  Il travaille en moyenne 12 heures par jour et accumule une énorme quantité de stress sans même s’en apercevoir, car il est totalement coupé de ses sentiments et soumis à l’exigence intérieure de paraître fort aux yeux du monde

  Marié à Nathalie, qu’il considéra comme le prototype de la petite épouse parfaite et qu’il emmène occasionnellement dans les restaurants chics pour compenser ses trop nombreuses absences, il est convaincu d’être un mari irrésistible et béatement admiré, méconnaissant totalement de nombreux signes de détresse envoyés régulièrement par sa femme depuis plusieurs mois. Athée convaincu, il méprise souverainement tout ce qui n’est pas strictement rationnel et efficace.

  Il se veut et se croit le meilleur, le plus charmant, le plus brillant, le plus élégant, le plus, le plus, le plus. Jusqu’au jour où, "par hasard", il découvre une lettre lui révélant l’incontournable vérité: Nathalie le trompe ! Commence alors pour lui un véritable calvaire qui va durer des mois.

  Tout bascule dans l’horreur d’une blessure narcissique insupportable. Son estime de lui tombe en flèche et s’écrase au sol. 

  Il tombe de « sa superbe ». Sa belle assurance s’écroule comme un château de cartes, il se sent humilié jusqu’au fond de l’âme et entre dans une terrible anxiété alternant avec des moments de haine féroce et de profond désespoir: il est ainsi confronté à des envies tantôt meurtrières, tantôt suicidaires. 

  Toujours est-il que son état mental se trouve à ce point perturbé par ce qu’il considère comme la pire des trahisons, qu’il est obligé d’arrêter de travailler, ce qui, soit-dit en passant, lui évitera probablement un infarctus, premier cadeau caché, dont il n’est alors absolument pas conscient. 

   Bien que la révolte et l’indignation le poussent dans ce sens, il ne quittera pas Nathalie.

  Pour la première fois de sa vie, grâce à cet événement qui n’est en somme qu’un dérapage temporaire, il pourra mesurer combien il est attaché à sa femme. La crise les mettra en face l’un de l’autre et ils commenceront à se parler sincèrement ce qu’ils n’avaient jamais pris le temps de faire auparavant. 

  Bien sûr, le ressentiment est tel au départ que le dialogue est difficile, mais il s’installe dans l’authenticité, car la situation est assez grave pour permettre aux masques ce tomber, le couple n’ayant plus grand chose à perdre. Ils vont pouvoir nettoyer leurs poubelles relationnelles respectives. 

  Jean-Paul réalise finalement à quel point il a négligé leur relation amoureuse et prend douloureusement conscience de la vanité des valeurs qui menaient sa vie jusqu’alors. 

   Ceci provoque une angoisse existentielle profonde et une souffrance extrême devant le vide laissé par sa désintégration de ce qui, auparavant, donnait sens à tous ses actes. 

  Il se sent alors tellement mal, tellement désemparé que, sur les conseils de son médecin traitant, il accepte de se faire aider et commence une thérapie en profondeur. Dans ce travail intensif, il traverse des expériences transpersonnelles très fortes qui l’ouvrent à la dimension spirituelle de l’existence et à la découverte que la clé du vrai bonheur se trouve dans l’amour d’autrui et non dans son asservissement. 

  Dés lors, il regarde en face tout ce qu’il a infligé aux autres, comprend toute la culpabilité inconsciente qui en découle et se pardonne. Il réalise à quel point sa recherche de pouvoir était censée compenser une insécurité fondamentale sous-tendue par une épouvantable haine de lui-même. Il en débusque les origines, se répare et apprend à s’aimer inconditionnellement, Il cesse de travailler comme une bête, se donne du temps pour le plaisir, le jeu et la relation avec Nathalie vis-à-vis de laquelle il a entamé un processus de pardon déjà bien avancé. 

  Enfin, il donne sa démission à son boulot, revend sa grosse voiture et investit l’argent qu’il a gagné en abondance dans un centre de réinsertion professionnelle pour jeunes caractériels, dont il sera coordinateur.

  

  Cette belle histoire nous montre quelqu’un qui, loin de sa laisser enfermer dans la haine et le ressentiment, a été capable de faire naitre le lotus sur la boue en transformant à son avantage et à celui de ses proches une situation qui était initialement invivable.

  Sans la défaillance de Nathalie, qui n’était qu’un ultime appel au secours, peut-être Jean-Paul serait-il mort à l’heure actuelle, car au moment de la décompensation, son niveau de stress atteignait les limites du supportable et, sans cet événement, il ne se serait jamais autorisé à s’arrêter de lui-même, fort de sa devise: plutôt crever que faiblir. Ayant accompli les précédentes étapes du processus de pardon, Jean-Paul est maintenant en mesure de réaliser l’impensable et avant dernier changement de perception requis sur ce chemin: remercier Nathalie de l’avoir trompé.