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      Comment bénéficier des effets du soleil?

 
    A l'approche de la saison estivale, rappelons les dangers que font courir les expositions solaires déraisonnables, et les mesures à prendre pour éviter tout désagrément. 
 
   Quoique la plupart des personnes reconnaissent être bien informés des risques de pathologies cutanées, notamment de cancers, auxquels les exposent les radiations solaires, on ne relève aucun changement significatif dans leur comportement.


















 

   Les voix de la raison sont entendues, admises, mais on n'en tient pas compte ; et il faut croire qu'il en sera ainsi tant que durera la mode du bronzage.

   Certes, la nouvelle tendance semble s'écarter du bronzage à outrance, lui préférant désormais le hâle doré, plus seyant dans l'immédiat et à terme moins préjudiciable à la santé et à la beauté.

    À force de tirer la sonnette d'alarme, une prise de conscience commencerait-elle à se dessiner ? C'est à espérer.  

   En attendant, dans leur grande majorité, les vacanciers continuent allègrement de sacrifier leur santé au culte du bronzage forcené, encore bien loin d'être démodé dans les mentalités. De ce comportement, qui chez beaucoup confine à l'obsession, résulte une progression régulière du nombre de cancers de la peau.  

   On estime qu'annuellement en France le nombre de carcinomes augmente de 2 à 5% et que les mélanomes malins tuent près d'un millier de personnes ! Cet inquiétant constat tient à plusieurs raisons.

  Sans parler de l'obsession du bronzage à tout prix qui conduit à transgresser systématiquement les recommandations élémentaires limitant et régulant les expositions, sont à mettre en cause la négligence dans l'application de produits antisolaires et, lorsqu'elle est satisfaisante, la trop grande confiance en leur pouvoir.  


  La responsabilité des expositions solaires dans la survenue de lésions cancéreuses de la peau est admise depuis longtemps, mais il a fallu attendre ces dernières années pour connaître les mécanismes physiopathologiques qui les sous-tendent.  

  Cette avancée a permis l'élaboration de produits photoprotecteurs beaucoup plus fiables, protégeant la peau non plus comme hier exclusivement du rayonnement ultraviolet de type B (UVB), mais aussi de celui de type A (UVA), longtemps supposés inoffensifs, mais dont la dangerosité est aujourd'hui démontrée.  
 

     UN « CAPITAL SOLEIL» INÉGALEMENT RÉPARTI SELON LES PHOTOTYPES  
 
   Le pouvoir des modes a ceci de déconcertant qu'il est capable de faire accepter n'importe quelle aberration, fût-elle la plus contraignante. Les exemples foisonnent, mais avec le bronzage, le non-sens est à son comble.

   Pour s'en convaincre, il suffit tout simplement de s'interroger sur ce qu'est le bronzage. Il est la manifestation colorée d'une réaction de défense naturelle élaborée par notre organisme contre les agressions solaires, soit la production de mélanine synthétisée par des cellules spécialisées, les mélanocytes.

   Vouloir le susciter à tout prix conduit donc à adopter un comportement totalement contre nature consistant à rechercher ces agressions.  

   Persuadés qu'un ou deux coups de soleil une fois par an sont sans risque et ne peuvent laisser de séquelles, beaucoup s'imaginent que supporter quelques petites souffrances momentanées c'est peu cher payer une belle peau bronzée. Ce en quoi ils se trompent, car les doses de soleil reçues par la peau s'accumulent au cours de la vie ; et alors que le coup de soleil disparaît, les dommages subis par l'organisme demeurent et s'additionnent.

   Ainsi le «capital soleil» s'amenuise-t-il au fur et à mesure des expositions, et ce d'autant plus rapidement qu'elles sont fréquentes, intensément irradiantes et que la peau n'est pas ou insuffisamment photoprotégée. Sans oublier que ce «capital soleil» est inégalement réparti selon les phototypes.  

   De fait, les risques potentiels encourus sont liés au type de peau, car si, au départ, chaque individu possède un nombre comparable de mélanocytes, la qualité et la quantité de mélanine fabriquée varient énormément suivant les races et les pigmentations naturelles.

   Alors que la peau très pigmentée des Noirs les protège efficacement contre les radiations ultraviolettes, celle laiteuse des Blancs roux ne les protège pas du tout, la mélanine n'étant produite qu'en très faible quantité, et presque uniquement dans la couche profonde de l'épiderme.

   Entre ces deux extrêmes, s'inscrivent les personnes qui hâlent légèrement et qui ont très souvent des coups de soleil, d'autres qui arrivent à avoir un bronzage clair avec encore des risques de coup de soleil, d'autres encore qui bronzent bien en ayant rarement des coups de soleil, d'autres enfin qui bronzent en un clin d'œil sans inconvénient.

   À chacun de ces types de peau correspond un phototype, critère déterminant dans le choix d'un produit solaire.


























   Toujours est-il que, quel que soit ce produit, et même si son étiquette le présente avec les meilleures garanties photoprotectrices, il n'offrira jamais une protection absolue.

   D'autre part, il faut toujours avoir à l'esprit que son application n'est pas sans effet pervers.

   En effet, des études épidémiologiques ont démontré que, paradoxalement, le phénomène de photocarcinogénèse touche plus les utilisateurs de produits solaires que les autres. Non que ces produits soient dangereux en eux-mêmes, bien au contraire, mais parce qu'ils induisent un comportement à risque: se croyant totalement prémunies derrière un écran, nombre de personnes s'exposent beaucoup plus longtemps, beaucoup plus souvent, et n'importe quand.  

 
    LES PRODUITS PHOTOPROTECTEURS ET CEUX QUI DONNENT L'ILLUSION DE L'ÊTRE  
 
   Chaque année, à l'approche de la saison estivale, le marché cosmétique est inondé par une pléthore de nouveaux produits solaires. Comment s'y retrouver ?  

   Se différenciant par la nature de leurs composants photoprotecteurs, ils sont de deux sortes : les filtres organiques qui absorbent sélectivement les ultraviolets, et les écrans qui agissent soit par absorption soit par dispersion du rayonnement UV.

   Parmi les filtres, on distingue les filtres à spectre étroit absorbant les UVB, tels les cinnamates (Parsol MCX), l'acide para-aminobenzoïque ou les dérivés du camphre, et les filtres à large spectre qui absorbent es UVA, comme les dérivés du dibenzoylméthane (Parsol 1789) et le benzophénone.  

    Quant aux écrans, ce sont des poudres minérales, et plus précisément des oxydes ultrafins de titane et de zinc à effet absorbant, ou des grosses particules de mica recouvert d'oxyde de titane et de fer â effet réflecteur et dispersant. Agissant à manière d'un bouclier, ces poudres, au demeurant généralement bien tolérées, sont potentiellement de bons protecteurs. Cependant leur médiocre cosméticité en limite l'utilisation.  

    Dans la composition de beaucoup de produits finis, on retrouve les deux types de filtres associés à des poudres minérales.

  Reste que, redisons-le, aussi savamment dosé soit-il, aucun produit photoprotecteur n'offre une garantie absolue, la mention «écran total» ou «sunblock» n'étant qu'un argument publicitaire trompeur.  

   Par ailleurs, l'adjonction à ces agents photoprotecteurs de nutriments antioxydants, telles les vitamines A, E et C, est plus que souhaitable, car ils permettent de piéger les radicaux libres générés localement dans la peau par les irradiations.

   Au niveau de l'épiderme, les vitamines A et C stimulent la prolifération des kératinocytes, et les vitamines A et E régulent les pertes en eau. Au niveau dermique, les vitamines A et C augmentent la synthèse des fibres de collagène, la vitamine A diminue l'activité des collagénases, la vitamine E stimule la microcirculation cutanée, et la vitamine C augmente la production d'élastine dermique.  

   Dans les rayons de produits solaires, les photoprotecteurs voisinent avec les auto-bronzants ; un voisinage et un nom qui peuvent laisser supposer une similitude d'action. Il n'en est rien.

   À base de dihydroxyacétone, les auto-bronzants ont la faculté, par la réaction biochimique qu'ils provoquent, de donner à la peau un teint d'aspect bronzé, mais en aucun cas ils n'assurent une quelconque protection préventive ou ponctuelle contre le rayonnement solaire. Il en est de même pour les pilules de caroténoïdes préconisées pour anticiper la coloration de la peau.

   Ces produits n'ont d'autre intérêt que de décomplexer celui ou celle qui craint d'afficher sa pâleur lorsqu’il ou elle arrive sur une plage de déjà bronzés.  

 
        Les consignes de prudence  

- Horaires d'exposition : En été sous nos latitudes d’environ 40° à 52° NORD, c'est entre 11 h et 17 h à l'heure d'été que les radiations solaires sont les plus dangereuses, atteignant leur plus haut degré de nocivité entre 13 h et 15 h. Durant cette tranche horaire, il est vivement conseillé de rester à l’ombre, même si l'on se croit bien protégé.  

- Latitude et altitude : Les radiations solaires deviennent de plus en plus dangereuses au fur et à mesure que l'on approche de l'équateur ou que l'on prend de l'altitude. A 1500 m, par exemple, on reçoit une quantité d'UVB supérieure de 20% à celle du niveau de la mer.  

- Réverbération : Lorsque le soleil tape, il ne faut pas s'imaginer être en totale sécurité sous un parasol. Il filtre généralement assez mal et offre une protection illusoire s'il est installé sur un sol qui réfléchit les rayons, tel le sable qui en renvoie près de 30%; de même s'il abrite une table de jardin blanche, qui, elle, comme la neige, en réverbère 80% et plus.  

- Nuages et vent : Si les nuages bas constituent un écran protecteur appréciable, il en est tout autrement des nuages hauts tels les cirrus dont la protection est quasiment nulle. Quant au petit vent frais qui donne la sensation d'être à l'abri de l'agression solaire, c'est un leurre ; contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce ne sont pas les rayons qui chauffent qui sont dangereux.
 

- Parfums et médicaments : Les parfums et certains médicaments tels les antibiotiques, les antidépresseurs ou les diurétiques provoquent des réactions photosensibilisantes (allergies irritations, taches brunes indélébiles...). Sur la notice des diurétiques, les risques de photosensibilisation sont généralement indiqués.  

 
            L'INDICE DE PROTECTION EST À CONSIDÉRER AVEC PRUDENCE  
 
   Généralement, le choix d'un produit solaire se fonde sur deux critères : sa texture et surtout son inscription dans une échelle de valeurs protectrices mentionnée par un coefficient de protection solaire (CPS), encore appelé facteur de protection solaire (FPS) ou, en anglais, sun protecting factor (SPF), lequel est présenté en correspondance avec un phototype préférentiel.  

   Indiquant une protection censée inclure UVA et UVB, cette mention indicielle est pour l'heure la seule qu'il faille prendre en considération. Avec prudence, cependant !  

  Un produit affichant par exemple un indice 60 permet théoriquement d'exposer la peau soixante fois plus longtemps au soleil, sans la brûler, que si elle n'est pas protégée. 



























   A priori cela semble sécurisant, cependant à y regarder de plus près apparaît tout ce que cette confiance peut comporter de danger puisque ne pas ressentir les prémices de la brûlure conduit à s'exposer davantage au soleil, donc au risque de photocarcinogénèse.

    En définitive, le choix d'un coefficient élevé n'est pas forcement le meilleur.

   On peut même dire qu'il est potentiellement dangereux de recommander un produit ayant un indice supérieur à 25 ou 30, sauf en cas de lucite, une dermite provoquée par les radiations solaires.

   Dans tous les autres cas l'indice 30 est suffisant, car la sensation de brûlure tient lieu d'avertissement ; elle indique qu'il est grand temps de chercher un coin d'ombre ou de passer un vêtement.

   Rappelons par ailleurs que les tests permettant d'évaluer l'indice de protection ne sont pas représentatifs de l'usage réel ; ils reposent sur une quantité de 2 mg de produit par cm2 de peau, soit environ 40 g pour tout le corps, ce qui représente une dose
de l'ordre de quatre à six fois supérieure à celle généralement appliquée.  

  En tout état de cause, si l'on tient absolument à rester exposé, immobile ou en mouvement, il est vivement conseillé de renouveler les applications au minimum toutes les deux heures et après chaque bain, que le produit soit waterproof ou non.

   Qu'il s'agisse d'une crème, d'un gel, d'un lait, d'une huile ou d'un spray, la texture du produit n'a pas d'incidence directe dans la photoprotection.

  Cependant son rôle est loin d'être négligeable, car elle détermine sa facilité d'étalement, sa persistance à la surface de la peau et conditionne sa résistance à l'eau.

   Enfin, l'efficacité d'un produit solaire étant liée à la fréquence de ses applications, plus sa texture est agréable, plus elle incite à leur renouvellement régulier.  

 
 4-06-2016